Le bilan de ces violences est revu à la hausse et les autorités parlent désormais de 36 morts dont 4 casques bleus. Dernier épisode en date dimanche 31 juillet à Kasindi. Les braises de la colère ne sont pas encore éteintes. Preuve en est, cet article dans Mediacongo. Le 1er août, « la Police nationale congolaise a étouffé (…) la marche contre la Monusco du mouvement citoyen Lutte pour le Changement à Kisangani, dans la province de la Tshopo. (…) Quelques manifestants ont été interpellés (…) Plusieurs activistes plaident pour leur libération et condamnent la brutalité policière lors de l’arrestation. »

Dans un autre article, le même site annonce « une journée ville-morte à Bukavu » demain, organisée par la Coordination de la société civile du Sud-Kivu. Citant le communiqué de cette dernière, le média explique : « il sera question également d’exprimer, vivement, sans violence et vandalisme, au gouvernement congolais et la communauté internationale son ras-le-bol, mais aussi sa volonté de voir la mission onusienne, "inefficace", plier vite bagage. »

En face, le gouvernement s’organise. 7sur7cd revient sur la réunion organisée le 1er août entre les présidents de deux chambres du Parlement, le Premier ministre ainsi que les membres de la commission spéciale du gouvernement déléguée dans le Nord-Kivu. Et explique qu’à cette occasion, « le gouvernement a été instruit de diligenter une réunion avec la Monusco en vue de réévaluer le plan de son retrait ».

Mais le quotidien burkinabè Le Pays met en garde : « Les Congolais ne doivent pas se tromper d’ennemi ». Il précise quelques lignes plus bas : « ce ne sont pas les soldats de la Monusco qui massacrent les populations civiles sur le terrain. Mais plutôt les combattants de toutes ces forces rebelles qui ont pris Kinshasa en grippe et, par la même occasion, les armes contre leur propre pays pour des raisons diverses. »

Le Pays qui se demande aussi : « À moins que tout cela ne procède d’une stratégie visant à amener l’ONU à changer son fusil d’épaule en faisant évoluer le mandat de la Monusco pour lui permettre d’aller à l’abordage des groupes armés, dont le M23 qui a repris du poil de la bête et donne aujourd’hui encore du fil à retordre à Kinshasa. » 
Au Sénégal, toujours pas de résultats globaux officiels à l’issue des législatives
La coalition au pouvoir Benno Bokk Yaakar et les coalitions de l’opposition Yewwi Askan Wi et Wallu Sénégal revendiquent la victoire. Dans les journaux sénégalais ce mardi 2 août, essentiellement des reprises de communiqués, des réactions de part et d’autre. 

Si bien que ce sont les médias des autres pays africains qui s’inquiètent de la situation. Tous les ingrédients sont réunis, il y a du « du piment dans le thiéboudiène électoral », pour le média burkinabè WakatSéra qui évoque également une « cocotte-minute qui peut exploser à tout moment ». D’autant qu’il s’agit d’un « échauffement grandeur nature pour la présidentielle de février 2024 ».

Aujourd’hui au Faso s’inquiète : « Faut-il craindre une crise post-électorale ? » et estime que « la maladie infantile de l’après-vote en Afrique, consistant pour chaque camp à revendiquer la victoire avant la proclamation officielle des résultats, cette pathologie infantile touche aussi le Sénégal, démocratie modèle, s’il en est. » 

Alors le journal Le Pays rappelle le contexte de ce scrutin : « L’intérêt général exige de se concentrer sur le redressement et la consolidation de l’économie du Sénégal plutôt que de se livrer à des contestations violentes des élections, qui ne feront qu’aggraver la situation économique du pays. Les Sénégalais ont donc intérêt à veiller à ne pas réveiller les vieux démons. »
Déclarations croisées autour du Mali
C’est d’abord Mali actu qui évoque le sujet : « Le Gouvernement de la Transition du Mali a exigé, dimanche soir, du président français Emmanuel Macron d’abandonner définitivement sa posture néocoloniale, paternaliste et condescendante. » Une réaction après la visite du président français en Guinée-Bissau la semaine dernière. 

Et face au Mali, c’est l’Algérie qui hausse le ton. C’était aussi dimanche. Aujourd’hui au Faso revient sur les faits : « le président algérien Abdelmajid Tebboune s’est adressé aux autorités maliennes en leur disant de "retourner à la légalité". Autrement dit de rendre le pouvoir aux civils. » 

Maliweb rappelle que « les travaux de la Réunion de niveau décisionnel des parties à l’accord pour la paix et la réconciliation du Mali, issu du processus d’Alger » ont débuté le 1er août à Bamako.