« Les toutes dernières nouvelles de la ville de Bria prise dans le feu de violents combats en début de semaine opposant la coalition Séléka du FPRC et des anti-Balaka ne sont pas bonnes, pointe le site d’information La Nouvelle Centrafrique. Les Seleka contrôlent désormais complètement la ville et le bilan des victimes, toujours provisoire, ne cesse de grimper : plus de 110 morts et plus de 70 blessés. »
« La tension était encore palpable hier mercredi, relève Sahel Intelligence, dans cette ville, située à proximité de zones minières très convoitées (diamants et or notamment), en dépit de la présence des forces de la Mission des Nations unies qui ont sécurisé le camp de déplacés. Le nouvel accord signé lundi à Rome, sous le parrainage de la communauté catholique Sant » Egidio, prévoyait un cessez-le-feu immédiat entre les différentes factions, la levée des barrages et le rétablissement de la libre circulation. Toutefois, la prolifération des groupes armés nés dans le sillage des massacres communautaires de 2013, rend la mission particulièrement difficile. »
Faiblesse et indécision…
Reportage sur place à Bria du Monde Afrique : « “la haine est dans le cœur des gens”, se lamente l’abbé Gildas. Mi-mai, elle s’est abattue sur Katekondji, un quartier chrétien de cette ville contrôlée par des groupes armés rivaux, musulmans pour la plupart. […] Les derniers soubresauts d’une interminable crise centrafricaine ont malencontreusement placé la mission à la “  frontière” de deux quartiers musulmans où de petits chefs de guerre tiennent entre leurs mains le destin de milliers de civils soumis aux revirements violents des alliances rebelles volatiles. “S’ils décident de se battre, cela nous retombera dessus”, redoute l’abbé Gildas. […] Les violences ont repris en septembre 2016, précise Le Monde Afrique, après quelques mois d’accalmie liée à la présence militaire internationale et à la perspective de l’élection présidentielle, remportée début 2016 par Faustin-Archange Touadéra. Depuis, la principale force de dissuasion déployée en RCA, le contingent français Sangaris, s’est retirée du pays. Et le nouveau pouvoir   quasiment dépourvu de tout appareil de sécurité   brille par sa faiblesse et son indécision. » Qui plus est, poursuit Le Monde Afrique, « les groupes politico-militaires issus de l’ex-mouvement Seleka, essentiellement des musulmans venus de l’est et du nord du pays, soutenu par les voisins tchadien et soudanais, et les groupes d’autodéfense anti-Balaka, plutôt chrétiens et animistes, ont repris les armes. Ces groupes se font et se défont, nouent et dénouent des alliances à géométrie variable suivant des lignes communautaires, politiques ou religieuses, avec, en filigrane, le contrôle des ressources du pays (or, diamant, bétail…). »
On aura tout essayé ?
« Faut-il désespérer de la RCA ? », s’interroge Le Pays au Burkina. « à peine l’encre de l’accord signé entre le gouvernement et une dizaine de groupes armés sous les auspices de la communauté catholique Sant Egidio a-t-elle séché, que les combats ont repris de plus belle en Centrafrique. […] La RCA va mal, voire très mal. Car cela fait près de quatre ans que le pays est en proie à des violences ethniques et religieuses. On aura tout essayé, mais le pays, chaque jour qui passe, donne l’impression d’aller à vau-l’eau. Or, à maintes reprises, les protagonistes ont annoncé leur volonté de fumer le calumet de la paix. Que nenni ! […] Alors, que faire ? Faut-il assister impuissant au massacre sans cesse des civils dans un pays où le pouvoir n’existe que de nom, les groupes armés contrôlant la quasi-totalité du territoire ? Assurément non !, s’exclame Le Pays. Car, il est plus que jamais temps d’agir. Et pour cela, la communauté internationale est interpellée, si elle ne veut pas, à l’instar de ce qui s’est passé au Rwanda, être accusée d’impéritie coupable face au drame d’une très grande ampleur qui se joue en RCA. »
Pour L’Observateur Paalga, toujours à Ouaga, « deux défis majeurs se posent aujourd’hui au président Faustin Archange Touadéra qui se débat comme un beau diable dans ce monde de brutes. D’abord amener les signataires de l’entente romaine à respecter leurs engagements ; puis convertir au nouvel évangile selon saint Faustin les autres milices, tels les groupes de transhumants ou l’UPC, la faction peule de l’ex-Séléka, à prendre en cours de route le train de la paix ; un train avec une locomotive si poussive qui toussote à la moindre accélération, soupire le quotidien burkinabé, qu’on se demande toujours s’il arrivera jamais un jour à destination. »