Une réforme très contestée en effet, comme vous avez pu l’entendre sur notre antenne notamment. Des « milliers de manifestants » ont occupé le centre-ville de Dakar hier, rappelle Le Journal du pays.
Ce dernier évoque également les arrestations de plusieurs leaders de l’opposition.
Une information relayée aussi par Jeune Afrique. Les opposants Idrissa Seck et Malick Gakou (entre autres) auraient ainsi été arrêtés alors qu’ils « se rendaient à un rassemblement interdit devant l’Assemblée nationale ».
Plusieurs témoignages, selon Jeune Afrique, faisaient « état d’un impressionnant dispositif policier dans la capitale sénégalaise. Des heurts entre manifestants et forces de l’ordre » ont d’ailleurs éclaté.
A l’Assemblée nationale, les débats ont même dû être suspendus pendant une demi-heure « suite à des échanges de coups de poings entre députés de la majorité et de l’opposition ».
De fortes tensions, qui n’auront donc pas empêché le vote de cette loi sur le parrainage. Un vote sans les députés de l’opposition, qui « ont tout bonnement boudé la séance », écrit Le Quotidien.
« Un coup de farce », titre le Walf Quotidien de son côté. Dans son édito, le journal estime que cette loi est en « contradiction » avec la Constitution, et rappelle que « dans des situations pareilles, pour modifier la Constitution », il est prévu par l’article 4 « d’avoir recours à un référendum ».
« Le souci, explique le Walf Quotidien, est de verrouiller la Constitution pour qu’elle ne devienne pas un torchon susceptible d’être tripatouillée à tout-va ». « Le consensus entre le temporel et le religieux a été cassé (…). Tout comme celui avec la société civile », analyse le quotidien.
« Un vote sans débat » aux conséquences graves selon le Walf. « Le Sénégal est sorti des pays démocratiques pour sombrer dans une dictature », est-il écrit. « Ainsi, conclut le Walf, le 19 avril 2018 est une date que le Sénégal retiendra comme un moment de régression et de démantèlement de tous les acquis démocratiques de ce pays qui le mène vers des lendemains incertains. »
Autre réforme de la Constitution qui fait polémique, au Tchad cette fois. Et c’est l’Eglise catholique qui prend la tête de la contestation
« Quand le clergé met du sable dans le couscous de Deby », écrit avec un certain humour Le Pays.
Alors que le Tchad se dirige vers une IVe République qui verra les pouvoirs du chef de l’Etat renforcés, l’Eglise jette un pavé dans la mare.
Elle appelle à une adoption de cette nouvelle Constitution par référendum et non par voie parlementaire qui risque selon elle « de fausser gravement les règles du jeu démocratique ».
La conférence épiscopale du Tchad a ainsi lancé un appel, relayé par Le Journal de Brazza. « Nous constatons que ce projet ne reçoit pas l’adhésion de l’ensemble des citoyens. C’est pourquoi nous invitons le gouvernement à le soumettre à un référendum. »
« Alors, que va-t-il se passer maintenant ?, s’interroge Le Pays. Deby va-t-il écouter le sermon des évêques en battant en retraite ? Ou va-t-il opérer un passage en force pour mettre en place son projet de nouvelle Constitution qui prévoit l’avènement d’un régime présidentiel (…) ? »
Le Pays en tout cas prend position. Le site burkinabè accuse le régime Deby de « corruption » et de « prédation des droits humains », et déplore le soutien des puissances occidentales, comme la France ou les Etats-Unis. « Pitié pour le peuple tchadien ! », s’exclame même le média.
On termine avec un autre changement important. Il ne s’agit pas de Constitution mais d’un nom de pays : le Swaziland devient le eSwatini.
Le pays retrouve ainsi son nom d’avant la colonisation britannique, comme le précise La Nouvelle Tribune.
Une décision annoncée par le roi Mswati III. Le dernier monarque absolu d’Afrique s'est exprimé dans un stade plein à craquer à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance du pays.
« Il n’y a pas beaucoup de personnes dans le monde qui peuvent changer le nom d’une nation. Mais le roi Mswati le peut », écrit la BBC.
Le Monde Afrique, lui, nous explique que eSwatini signifie « le pays des Swazis » en langue swati. Le nom précédent, Swaziland, étant un mélange des langues swati et anglaise.
Le site rappelle également que le roi Mswati est « régulièrement épinglé par la communauté internationale (…) pour son train de vie dispendieux malgré la grande pauvreté de sa population, ainsi que pour ses violations répétées des droits de l’homme ». Pas sûr que le changement de nom, change quelque chose à cela.