« Il y a deux ans à peine, Abiy Ahmed était encore un quasi-inconnu, relève Le Point Afrique. Il était arrivé sur le devant de la scène avec un message simple, mais fort, appelant au rassemblement. Pour avoir mis fin au conflit avec l’Érythrée, il avait reçu le prix Nobel de la Paix 2019. En cette fin d’année 2020, ce message a radicalement changé. Aujourd’hui, c’est bien le costume de chef de guerre que le Premier ministre éthiopien a choisi d’endosser contre le Tigré. Dimanche, il a donné un ultimatum de 72 heures aux dirigeants de cette région dissidente, cible d’une offensive militaire, et les a menacés d'un assaut "impitoyable", pour qu’ils déposent les armes. » Ultimatum rejeté…
Un conflit qui pourrait s’éterniser…
Et maintenant, constate Le Monde Afrique, « le gouvernement d’Addis-Abeba prédit la "phase finale" de l’offensive sur le Tigré. (…) L’armée nationale progresse en direction de Mekele, la capitale du Tigré et bastion du Front populaire de libération du Tigré, le FPLT, que le premier ministre, Abiy Ahmed, dit vouloir remplacer par des "autorités légitimes". » L’armée nationale qui « ne lésine pas sur les moyens, constate Le Monde Afrique : "la prochaine bataille consiste à encercler Mekele avec des chars", a annoncé son porte-parole, évoquant la possibilité de bombardements pour renverser le parti tigréen. "Sauvez-vous", a-t-il intimé au demi-million d’habitants de la ville. "Des directives vous ont été communiquées pour vous dissocier de la junte, après il n’y aura aucune pitié". »

Toutefois, pointe encore Le Monde Afrique, « tout porte à croire que même si Mekele passait sous contrôle gouvernemental, le conflit ne s’arrêterait pas immédiatement. D’abord car le FPLT ne montre aucun signe de résignation. Son chef promet des combats acharnés (…). Ensuite parce que la guérilla est intimement liée à l’histoire de ce parti. »

Enfin, sur le plan diplomatique, note Le Monde Afrique, « le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra, ce mardi à huis clos, sa première réunion sur la guerre au Tigré (…). Mais pour l’heure, Abiy Ahmed reste sourd à la pression internationale en faveur d’une désescalade et de la négociation. »
« Bazar électoral » au Burkina Faso
À la Une également un lendemain d’élections difficile au Burkina-Faso…

« Alors qu’hier dans l’après-midi la Commission électorale nationale indépendante a commencé à égrener ses résultats partiels provisoires, les candidats de l’opposition ont dénoncé une fois de plus de nombreux irrégularités et dysfonctionnements qui constituent selon eux des présomptions de fraude, pointe L’Observateur Paalga. (…) Conséquence de tout cela, Zéphirin Diabré et ses camarades affirment qu’ils n’accepteront pas "des résultats entachés d’irrégularités et qui ne reflètent pas la volonté du peuple". » Dans la foulée, poursuit le quotidien ouagalais, « les 5 représentants de l’opposition à la CENI se sont retirés du processus. Et juste après ce retrait, la CENI a annoncé suspendre la publication des résultats partiels provisoires qui devait reprendre ce matin. »

Commentaire de L’Observateur : « Le bazar électoral aura donc contribué à faire le lit de la contestation postélectorale dont on ne sait pas encore quelle forme elle va prendre. Une forme légale par des recours auprès du Conseil constitutionnel ou bien faut-il s’attendre à des manifestations de quelque nature que ce soit ? »
Effet domino ?
Pour Aujourd’hui, toujours à Ouagadougou, le terrain est plus que glissant… « Ainsi donc, comme par touché par l’effet domino de la situation politique qui prévaut en Guinée et en Côte d’Ivoire, le Pays des Hommes intègres s’achemine vers une crise post-électorale. À y voir de près, les prémisses d’une situation politique incertaine dont on ignore l’issue et les germes d’une période de contestations sont plus que visibles. »

Enfin, le site burkinabé WakatSéra veut croire au dialogue… « Nul doute que les Burkinabè sauront, une fois de plus, s’accorder sur les pistes à emprunter pour éviter une souffrance de plus à un pays qui se cherche, malmené qu’il est par les terroristes. Qui plus est, l’Afrique de l’Ouest, prise dans le tourbillon des crises provoquées par le coup d’État militaire au Mali, et les coups d’État constitutionnels opérés par Alpha Condé en Guinée et Alassane Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire, supportera difficilement une autre crise. Alors, pour une fois, conclut WakatSéra, faisons passer le dialogue avant la guerre. »