Le Monde Afrique fait le bilan de la pandémie en Afrique. Et contre toute attente, la catastrophe sanitaire prévue pas certains ne s’est pas réalisée…

En effet, « Le Covid-19 accélère sa progression en Afrique, mais reste bien moins mortel que sur les autres continents. Quatre mois après l’arrivée des premiers cas en Afrique, la menace d’hécatombe promise par les modèles mathématiques ne s’est pas concrétisée, pointe donc Le Monde Afrique, ce qui singularise ce continent où le nouveau coronavirus se comporte différemment. En France, 1 personne sur 4.000 a été touchée. Elles sont 3 fois plus aux Etats-Unis quand, en Afrique, les contaminations restent pour l’heure 10 fois moindres. Le cap des 370.000 malades, franchi dimanche dernier, trahit certes une nette accélération de la diffusion du virus en signant un doublement des cas en 21 jours, relève le journal. Mais cette flambée est tirée par quelques zones, dont l’Afrique du Sud. Dans ce pays qui se dissocie de la situation générale du continent, la situation s’aggrave rapidement, au point que l’Afrique du Sud cumule un tiers des contaminations du continent et un quart de ses morts. Ailleurs, constate Le Monde Afrique, le décompte est bien moins macabre : l’Afrique, qui abrite 17% de la population mondiale, ne compte que 2% des morts. Bien sûr, il faudrait ajouter à ces décomptes formels de nombreux 'cas invisibles', 'une population jeune, touchée par des formes légères, qui ne consulte pas et guérit seule après quelques jours de fièvre', décrit Moumouni Kinda, le directeur des opérations de l’Organisation non gouvernementale Alima. »

On circule de nouveau en Afrique de l’Ouest

En tout cas, l’Afrique de l’Ouest rouvre ses frontières… Hier, 1er juillet, pointe Le Pays au Burkina, « les pays membres de la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ont rouvert leurs frontières fermées en raison de la pandémie du Covid-19. Comme on peut s’en douter, l’évènement était des plus attendus car les déplacements des populations à l’intérieur de l’espace communautaire, répondent à de nombreux impératifs. »

En effet, poursuit le quotidien burkinabé, « cette réouverture des frontières est importante aussi bien pour la reprise de l’activité économique qui reste largement tributaire de la circulation des hommes, que pour la vie sociale des populations dont certaines ont été séparées de leurs familles quand les barrières frontalières ont été érigées. Mais, tempère le quotidien ouagalais, au-dessus des sentiments de joie qui ne manqueront pas d’accompagner cette mesure de levée des barrières aux frontières, planent de gros nuages. (…) La pandémie du Covid-19 est loin d’être maîtrisée, estime le journal. (…) Il y a de sérieuses raisons d’inquiétudes de voir les efforts consentis par les pays où la situation était plus ou moins sous contrôle être anéantis par une nouvelle explosion des chiffres, liée à la reprise du trafic routier entre les différents États. »

Reprise des vols internationaux en Côte d’Ivoire

Pour sa part, la Côte d’Ivoire se déconfine sur le plan international, avec la réouverture de ses frontières aériennes… C’est ce que note Le Point Afrique. « Après la reprise des vols intérieurs le 26 juin, c’est au tour des vols internationaux de se remettre en place. Les voyageurs arrivant en Côte d’Ivoire font l’objet d’un 'contrôle à l’arrivée et d’un suivi pendant leur séjour grâce à un système de géolocalisation', a assuré le ministre de la Santé. Poids lourd économique francophone de l’Afrique de l'Ouest, la Côte d’Ivoire est l’un des premiers pays africains à annoncer la reprise de ses vols internationaux. »

Le Burundi se décide à partir en guerre contre le Covid-19

Enfin, virage à 180 degrés au Burundi… « Lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement avant-hier à l’hémicycle de Kigobe, relève le site d’information Iwacu, le président de la République Evariste Ndayishimiye a annoncé que, dorénavant, le gouvernement prendrait la résolution de lutter contre la propagation de la pandémie de coronavirus. »

Commentaire du quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou, « le nouvel élu n’a pas pris de gants pour ramer à rebrousse-poil de la propagande d’État, dont le déni du Covid-19 n’aura eu d’égal que le nombre indéterminé de contaminés. Le nouveau chef de l’État, à peine installé à Gitega, a déclaré le Covid-19 comme 'le plus grand ennemi des burundais', et dans la foulée a annoncé que l’Etat subventionnerait à 50% le prix du savon, que le prix du mètre cube d’eau serait baissé, et que les dépistages relatifs à la pandémie seraient effectués. (…) Quand on sait que jusqu’à son dernier souffle, le défunt-président Nkurunziza a toujours fait dans la dénégation, cette nouvelle posture des autorités burundaises détonne et soulage. »