« Barbare, lâche, ignoble, haineux…, soupire Le Sahel à Niamey. Aucun mot n’est de trop pour qualifier l’attaque perpétrée par des individus armés dimanche aux environs de Kouré, causant la mort de 8 personnes, deux Nigériens et six travailleurs humanitaires de nationalité française. »

Au-delà de l’émotion et de la peine des familles et des proches endeuillés, cet acte est « un coup dur pour le tourisme et les populations locales », pointe le site d’information Actu Niger. « Jusque-là relativement épargnée par les attaques terroristes, cette zone de Kouré, qui abrite les dernières girafes d’Afrique de l’ouest, était très prisée par les visiteurs nigériens et étrangers, ce qui a fait développer un tourisme de niche, une des principales activités génératrices de revenus pour les habitants des villages environnants. (…) C’est (donc) un coup dur pour le secteur touristique du pays en général et pour l’économie locale en particulier. À tout point de vue, c’était l’un des objectifs visés par les assaillants, pointe Actu Niger. En s’aventurant jusqu’à Kouré pour commettre ce que le président Issoufou a qualifié "d’attaque lâche et barbare", à quelques kilomètres de Niamey, les terroristes ont également démontré qu’ils étaient toujours capables de frapper partout dans le pays, malgré le déploiement massif des FDS et des forces étrangères alliées comme les soldats de la force française Barkhane. »

Frapper partout…

En effet, renchérit Jeune Afrique, « les terroristes ont attaqué un symbole : celui de la volonté de privilégier le développement du tourisme sur une approche 100 % sécuritaire. (…) Comme au Bénin, lorsqu’ils ont attaqué dans le parc de la Pendjari, les terroristes veulent faire passer un message : il n’y a pas de zone "orange", ils peuvent frapper partout. »

« Qui sont ces tueurs ? », s’interroge pour sa part Aujourd’hui au Burkina. « Appartiennent-ils à l’EIGS, d’Al-Sahraoui ? Ou bien est-ce une de ces katibas inconnues au bataillon ? Ou encore de simples bandits dont la route aurait croisé celle des Français ? La seule certitude est que les militaires nigériens et les éléments spéciaux de la Force Barkhane sont à leurs trousses. (…) La traque se poursuit (donc), et l’accent est mis sur trois localités du Niger : Dosso, Loga et Filingué, où pourraient avoir pu se réfugier les fugitifs. »

Algérie : trois ans de prison pour avoir couvert des manifestations

À la Une également : « Honte, un journaliste en prison ». C’est l’injonction qui barre la Une du site d’information algérien Casbah Tribune, dont le directeur Khaled Drareni a été condamné lundi 10 août à trois ans de prison ferme pour « incitation à un attroupement non armé et atteinte à l’unité nationale ».

« Indignation et incompréhension », s’exclame le site ObservAlgérie : « Amnesty France qualifie le verdict "scandaleux". RSF, Reporter sans frontières, parle de "persécution judiciaire". Quant à l’avocate Me Zoubida Assoul, elle dénonce l’"acharnement" de la justice contre le journaliste. "On est sous le choc, dit-elle. (…) Khaled Drareni n’a commis aucune infraction. Il n’a fait que son métier de journaliste en couvrant les manifestations pacifiques. Il l’a dit pendant l’audience, il couvrait même les manifestations qui appelaient aux élections". »

La presse algérienne bâillonnée

Il faut dire, souligne Le Monde Afrique, « que la justice algérienne multiplie les poursuites judiciaires et les condamnations de militants du Hirak, d’opposants politiques, de journalistes et de blogueurs. La semaine dernière, le journaliste Moncef Aït Kaci, ex-correspondant de France 24, et le cameraman Ramdane Rahmouni ont été arrêtés et placés en détention préventive pendant vingt-quatre heures, avant d’être libérés devant le tollé général. Plusieurs journalistes algériens sont en prison et des procès sont en cours, relève encore Le Monde Afrique. Abdelkrim Zeghileche, militant pro-Hirak et directeur d’une radio algérienne diffusée sur Internet, Sarbacane, a été de nouveau incarcéré le 24 juin à Constantine. Un autre journaliste proche du Hirak, Ali Djamel Toubal, correspondant du groupe de médias privé Ennahar, a été condamné le 14 juillet à quinze mois de prison ferme, notamment pour avoir diffusé des images montrant des policiers malmenant des manifestants anti-régime. L’Algérie, conclut Le Monde Afrique, figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a dégringolé de 27 places par rapport à 2015. »