« Par une ordonnance lue cette nuit à la télévision nationale, la junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya a proclamé la Charte de transition qui fera office de loi fondamentale jusqu’à l’adoption d’une nouvelle Constitution. Cette charte, précise le site GuinéeNews, confirme le colonel Mamady Doumbouya comme Président de la transition et prévoit un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil et un Conseil national de transition qui fera office de parlement jusqu’à la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale. Ce Conseil de transition sera composé de 81 membres issus des forces vives de la nation (partis politiques, société civile, diaspora, organisations socioprofessionnelles, organisations religieuses…). Ni les membres du gouvernement, ni les membres du Conseil national de la transition, précise encore GuinéeNews, ne pourront se présenter aux élections qui mettront fin à la transition. »
Refonder l’État
Premier commentaire, celui du site guinéen Ledjely : « enfin, on en sait un peu plus sur la façon dont la Transition devrait être organisée en Guinée. Celle-ci ne se bornera pas qu’à la mission classique de l’organisation d’élections devant permettre le retour à une situation normale, avec des autorités légitimes et légales. Elle se fixe aussi pour objectif, pointe Ledjely, la refondation de l’Etat par le biais de l’établissement d’institutions fortes, crédibles et légitimes. Elle s’évertuera aussi à renforcer la cohésion nationale et l’indépendance de la justice. Réservant une large place aux libertés fondamentales et aux droits humains, la Charte proclame qu’ "aucune situation d’exception ou d’urgence ne doit justifier les violations des droits humains". »

Sur le plan exécutif, poursuit Ledjely, « la présidence de la Transition étant assumée par le chef de la junte, colonel Mamady Doumbouya, il sera secondé par un premier ministre qui, lui, sera une personnalité civile, "reconnue pour ses convictions, ses compétences avérées et sa probité morale". (…) Quant au Conseil national de la Transition, l’organe législatif de circonstance, avec ses 81 membres, il aura vocation à refléter toutes les diversités du pays. Sa mission principale sera de doter la Guinée d’une nouvelle constitution. (…) »
Quelle durée ?
« Finalement, pointe encore Ledjely, seule la question de la durée de la transition n’a pas encore été tranchée. La CEDEAO exigeant un délai ne devant pas excéder six mois, le CNRD voudrait manifestement s’entourer de toute la légitimité requise avant de faire sa contre-proposition. Ainsi, à l’article 77 de la charte publiée hier soir, on peut lire : "la durée de la Transition sera fixée de commun accord entre les Forces vives de la Nation et le CNRD". »
Le bras-de-fer Bamako-Paris
À la Une également, la réaction de la ministre française des Armées après les propos du premier ministre malien Choguel Maïga qui a accusé le week-end dernier la France d’« abandon en plein vol ». 

Des « accusations « inacceptables » et « indécentes », qui reviennent à « s’essuyer les pieds sur le sang des soldats français », affirme Florence Parly. Des propos relayés notamment par Le Monde Afrique.
Le Cameroun « en déliquescence »
Enfin à lire dans le quotidien français Libération cette double page sur le Cameroun. Avec cette longue interview de l’opposant Maurice Kamto. « Tout le pays est en déliquescence, affirme-t-il. Tous les voyants sont au rouge. Sur le front sanitaire par exemple, le pays ne s’est pas relevé du "Covidgate" : le FMI avait accordé un moratoire de trois ans sur le remboursement de la dette, afin que cet argent serve à lutter contre la pandémie. Mais l’argent s’est volatilisé, comme l’a confirmé la Cour des comptes. (…) Des sommes folles sont officiellement affectées à des infrastructures qui ne voient jamais le jour. » Quant à la France, affirme Maurice Kamto, « elle semble trop souvent s’en tenir au credo d’une prétendue "stabilité" et veut surtout préserver les entreprises françaises sur place. En ce qui me concerne, depuis les élections de 2018, malgré mes demandes répétées, je n’ai jamais été reçu par le Quai d’Orsay. »

Commentaire de Libération : « un an après la violente répression d’une manifestation pacifique de l’opposition, le Cameroun semble dans une impasse politique totale. Son implosion n’a jamais paru aussi proche, sous le règne d’un président octogénaire qui passe plus de temps à Genève que dans son propre pays. »