La presse malienne se projette sur la visite de quatre présidents africains ce jeudi 23 juillet à Bamako. Macky Sall, Alassane Ouattara, Mahamoudou Issoufou et Nana Akufo Addo seront du voyage. « Parviendront-ils à raccorder les violons entre les protagonistes du conflit ? » s'interroge l'Indépendant. Selon le journal, les quatre présidents « tenteront surtout de convaincre le M5-RFP d'adhérer au communiqué final de la mission conduite la semaine dernière par l'ancien président du Nigéria, Goodluck Jonathan ». L'Indépendant rappelle que dans son communiqué final, la mission de la Cédéao proposait « le maintien des institutions, notamment le président de la République ainsi que la formation d'un gouvernement d'union nationale ».

Mais pour Malijet, cette mission « n'a pas donné le meilleur résultat. Elle a péché par excès de zèle en voulant tordre la main à l'une des parties, pour la confiner dans un carcan dit "constitutionnel" ». Et Malijet va encore plus loin, assurant que « l'opinion dominante est que la Cédéao, à l'instar des autres organisations sous-régionales, est un club de dirigeants qui cherchent à se couvrir les uns les autres, souvent au détriment de leurs peuples ».

Slate Afrique s'intéresse aussi à la venue à Bamako des quatre présidents africains

« Quatre président africains, au chevet du Mali en crise », titre Slate Afrique pour qui « la venue à Bamako en fin de semaine des quatre chefs d'État marque la montée en puissance de la médiation menée depuis des semaines par la Cédéao ». « Mais jusqu'ici, remarque Slate Afrique, les efforts diplomatiques de l'organisation ouest-africaine n'ont pas permis d'apaiser une situation qui inquiète les partenaires du Mali, pays pauvre confronté depuis des années à des violences multiformes, notamment djihadistes et intercommunautaires, malgré la présence de forces françaises, africaines et de l'ONU. »

« Au pouvoir depuis 2013, poursuit Slate Afrique, le président Ibrahim Boubacar Keita est massivement contesté dans la rue depuis juin. Au climat d'exaspération nourrie depuis des années par l'instabilité sécuritaire dans le centre et le nord du pays, le marasme économique ou une corruption jugée endémique, est venue s'ajouter l'invalidation par la Cour constitutionnelle d'une trentaine de résultats des législatives. »

Enfin, Malikilé revient sur les violences commises contre les manifestants à Bamako

« Tuerie des manifestants aux mains nues : qui a donné l'ordre de tirer les 10, 11 et 12 juillet ? », interroge Malikilé. « En pareilles circonstances, répond-il, la responsabilité est d’abord politique. Le Premier ministre Boubou Cissé l’a d’ailleurs implicitement reconnu en adressant une demande d’explication au ministre de la Sécurité et de la Protection civile Salif Traoré, qui n’était toutefois plus en fonction le jour du massacre. »

Malikilé pointe aussi« la responsabilité de la Brigade Anti Criminalité, et le Groupement Spécial d'Intervention de la Gendarmerie Nationale » tout en précisant : « Il ne s’agit pas à ce stade d’accuser formellement ces corps et leurs chefs. Mais d’indiquer des pistes crédibles, d’ailleurs données par des éléments appartenant à la brigade et au groupement incriminés qui ont agi à leur corps défendant, pour que la vérité éclate dans cette triste affaire et que plus jamais de tels faits ne se reproduisent au Mali. »

Au Sénégal, Walf Quotidien s'inquiète

« Alors que la situation sanitaire liée au Covid-19 ne cesse de se dégrader, le port du masque exigé par le gouvernement peine toujours à être respecté, explique Walf Quotidien. En effet, avec les préparatifs de la fête de Tabaski qui occasionnent davantage les rassemblements dans les lieux de commerce, les ateliers de couture, salons de coiffure, etc, certains font fi de ce moyen de protection. » Le journal s'est rendu au marché Petersen, et raconte qu'on « peut compter sur le bout des doigts les visiteurs qui ont le cache-nez ». Une jeune fille qui ne porte pas de masque se dit toutefois « consciente du danger, celui de choper le virus ».

Mais un vendeur de masques constate : « Au début de la pandémie, on s’est fait beaucoup d’argent avec les masques locaux. Ce sont les clients qui nous cherchaient partout pour acheter. Maintenant, on peut faire le tour du marché sans être interpellé par un seul client. »