Il est en photo à la Une du site d’information Sahara Media. Turban et barbe noire fournie, entouré de ses hommes en armes. « La France a tué le chef de l’Etat islamique dans le Grand Sahara », s’exclame le site mauritanien. C’est le président français en personne, Emmanuel Macron, qui l’a annoncé sur les réseaux sociaux il y a quelques heures.

« Il s’agit d’un nouveau succès majeur dans le combat que nous menons contre les groupes terroristes au Sahel », a affirmé le président français. Des propos cités par Le Monde Afrique qui rapporte également cette déclaration de la ministre française des Armées Florence Parly : le chef de l’EIGS « est mort à la suite d’une frappe de la force Barkhane. C’est un coup décisif contre ce groupe terroriste. Notre combat continue. »
C’était l’ennemi prioritaire
Et Le Monde Afrique de rappeler que « l’EIGS, créé en 2015 par Adnan Abou Walid Al-Sahraoui, ancien membre du Front Polisario, puis de la mouvance djihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique, avait été désigné comme "ennemi prioritaire" au Sahel, lors du sommet de Pau, en janvier 2020. Il est en effet considéré comme étant à la manœuvre de la plupart des attaques dans la région des trois frontières, ce vaste espace aux contours vagues à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Cette zone constitue la cible récurrente d’attaques de deux groupes armés djihadistes : l’EIGS, donc, l’Etat islamique au Grand Sahara et le GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, groupe rival affilié à Al-Qaida. »
Le job de Barkhane d’« utilité publique »
Premier commentaire, celui du site burkinabé WakatSéra : « celui qui, à la tête de l’EIGS, endeuillait au quotidien les familles et les armées locales a rejoint le tableau de chasse des "Macron boys" qui ont fait de la salubrité anti-terroriste dans la zone des Trois Frontières leur priorité. Certes, l’hydre, dont la tête repousse aussitôt coupée, possède une capacité de régénérescence extraordinaire, mais le job effectué par les éléments de l’armée française engagée au Sahel, dans la lutte contre le terrorisme aux côtés des armées locales, est réellement d’utilité publique. Car, le chef de l’EIGS, qui sème la mort et la désolation tant dans les rangs que des civils, n’est pas tombé seul. Plusieurs cadres de l’organisation terroriste ont été mis hors d’état de nuire par les soldats français. »

WakatSéra qui affirme aussi que la mort d’Al-Sahraoui remonterait en fait au mois dernier et qui s’interroge : « pourquoi tant de temps avant d’annoncer cette bonne nouvelle ? Certes, répond le site, la communication est exploitée à bon escient par Paris, pendant que pleuvent les condamnations contre la possible implantation au Mali de mercenaires russes de la société Wagner accusés de bien des exactions en Centrafrique. Mais, l’autre raison, bien fondée également, est qu’il fallait opérer toutes les vérifications possibles pour ne pas annoncer l’élimination d’un terroriste et que son fantôme réapparaisse quelques jours après. »
Wagner au Mali : aucune confirmation…
À propos de la possible implantation au Mali de la société russe Wagner, la presse malienne est dans l’expectative : « pas de confirmation, trop de spéculations », affirme ainsi Le 22 Septembre.

« L’information n’a pas été officiellement confirmée ni par Moscou ni par Bamako », pointe pour sa part Mali Actu.

Toutefois, les dénégations des russes « ne devraient pas calmer la colère française, affirme Aujourd’hui au Burkina. En effet, Moscou dément traditionnellement tout lien avec le groupe de sécurité Wagner, le mercenariat étant illégal en Russie », du moins officiellement.
Le centre du Mali aussi…
Et puis, il n’y a pas que le Nord du Mali qui subit les assauts terroristes : « le centre bascule dans l’horreur et le sud est gagné par la psychose », soupire Le Matin à Bamako. « Malgré la présence déterminée des Forces armées et de sécurité, les groupes armés continuent de terroriser les populations en faisant de nombreux morts et des déplacés. C’est ainsi, précise Le Matin, que le cercle de Niono, dans la région de Ségou, vit dans une grande insécurité depuis presque deux ans. Tueries, enlèvements de personnes, vols de bétail, braquages sont devenus le quotidien des paisibles populations. Des groupes armés, auteurs de ces crimes, empêchent surtout les paysans de certaines localités, comme Farabougou, d’accéder à leurs champs. Et selon des ONG comme Médecins sans frontières, la situation humanitaire est catastrophique en raison des déplacements forcés des populations. »