« Encore combien de morts pour que le général Abdel Fattah Al-Bourhane et ses hommes mettent fin à la boucherie qu’ils ont lancée contre les civils qui réclament un retrait définitif des militaires de la scène politique ? », s’interroge WakatSéra. « En tout cas, la comptabilité macabre continue d’enfler dans un Soudan qui a connu, hier mercredi, sa journée la plus meurtrière depuis le coup d’Etat du 25 octobre. Au moins quinze manifestants sont restés sur le carreau, et le bilan n’est que provisoire. Face à des militants pro-démocratie plus que jamais déterminés à récupérer la révolution populaire qui leur a été volée, se dressent des généraux qui matent toute velléité de rébellion dans le sang. Avec à leur solde, une police, une armée, une milice, des forces de soutien rapides et des services de renseignement sur le pied de guerre (…). Et tout se passe dans un huis-clos presque total, les militaires ayant pris le soin de couper les communications téléphoniques et le réseau internet. »
Al-Bourhane sourd face aux américains
Les militaires soudanais qui restent sourds face aux appels de la diplomatie américaine… C’est ce que pointe Le Monde Afrique . « Alors qu’aucune solution politique ne semble en vue après le coup de force, les Etats-Unis ont multiplié les appels du pied. Après les sanctions, Washington a annoncé être prêt à soutenir de nouveau le Soudan, si 'l’armée remettait le train [de la transition] sur les rails', a prévenu le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, lors d’une visite à Nairobi, au Kenya. Son émissaire à Khartoum ces derniers jours, la vice-secrétaire d’Etat pour les affaires africaines, Molly Phee, a fait la navette entre civils – comme le Premier ministre Abdallah Hamdok toujours en résidence surveillée – et militaires, notamment le général Al-Bourhane. Objectif : tenter de relancer le projet de transition démocratique au Soudan (…). Mais, constate Le Monde Afrique, le chef de l’armée semble ne pas envisager de retour en arrière : il s’est replacé à la tête de la plus haute institution de la transition, le conseil de souveraineté. Et a reconduit tous ses membres militaires ou pro-armée, remplaçant uniquement quatre membres partisans d’un pouvoir entièrement civil par d’autres civils, apolitiques. »
Terrorisme : l’armée burkinabé réagit
À la Une également, au Burkina Faso, face à la montée en puissance des groupes terroristes, l’armée contre-attaque…

« La nouvelle apporte du baume au cœur et ravive les espoirs, pointe Aujourd’hui à Ouagadougou. Deux jours après l’attaque d’Inata qui a fait, selon un dernier bilan officiel, 53 morts (49 gendarmes et 4 civils), les Forces armées nationales ont frappé un grand coup dans la région de la Boucle du Mouhoun. Selon plusieurs sources concordantes, le Groupe d’Action rapide, de surveillance et d’Intervention du Sahel de la gendarmerie et le détachement de Toéni, ont mené hier une opération conjointe sur une base terroriste dans ladite localité. Plus de 90 terroristes auraient été neutralisés durant cette opération. »
Kaboré en colère
Hier toujours, le président Roch Marc Christian Kaboré a pris la parole à l’issue du conseil des ministres. Quatre jours après l’attaque qui a frappé le poste de gendarmerie d’Inata, le président burkinabé a fustigé, relève L’Observateur Paalga, « les dysfonctionnements importants en matière d’alimentation, de logistique, de prime qui affectent le bon fonctionnement des forces armées. 'Cela est inacceptable et c’est pourquoi je comprends fort bien les différentes réactions de colère qui sont exprimées çà et là'. »

Par ces mots, poursuit L’Observateur Paalga, « le chef de l’Etat accrédite dans une certaine mesure certaines informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux, faisant notamment état d’une rupture de l’approvisionnement en vivres du détachement ciblé, obligeant les pandores, affamés, à abattre les animaux qui rodaient autour de leur camp pour survivre. On a senti une colère sourde dans la voix du président, pointe encore le quotidien ouagalais. (…) D’ores et déjà, le commandant de la première région de gendarmerie et le commandant du groupement du secteur nord ont été relevés de leurs fonctions. Et on attend que d’autres bérets tombent. »