« La cacophonie totale » titre Le Sud après l'annonce tardive lundi soir du président Macky Sall de reporter jusqu'à nouvel ordre le retour des élèves en classe, alors que la reprise devait avoir lieu mardi matin.

« Les enseignants qui avaient fait des centaines de kilomètres pour rejoindre les établissements scolaires, les administratifs (et les services de l’État) qui s'activaient pour la reprise (…) voient donc leurs efforts réduits à zéro », note le quotidien.

Et cela s'est fait dans la précipitation : Senego rappelle que la décision présidentielle est arrivée quelques heures seulement après que l'éducation nationale avait confirmé la reprise.

Cette décision est toutefois « un signe de sagesse et de courage », poursuit Senego. Face à la détection de cas chez des enseignants de Ziguinchor, Macky Sall a pris la bonne décision, juge le site d'information, rappelant que « des pays plus puissants ont reculé après avoir pris la décision de rouvrir les classes »

Mais l'analyse est bien différente chez Senenews

Le site estime qu'il s'agit de la « chronique d'un échec annoncé ». « Le ministère de l'Éducation n'a eu de cesse de sous estimer une situation qui crevait pourtant les yeux », lance le site d'informations.

Le Walf Quotidien se demande de son côté si cette décision n'a pas été influencée par l'office diocésain de l'enseignement catholique de Dakar. Quelques heures avant la décision présidentielle, le réseau d'écoles privées avait renoncé à accueillir ses élèves, pointant notamment du doigt le manque de matériel sanitaire à disposition... et plus précisément, selon le journal, « la dotation insuffisante en kits de détection du Covid-19 ».

Réactions partagées également dans les établissements scolaires et sur les réseaux sociaux

Le Soleil nous emmène dans le lycée Seydina Limamou Laye de Guédiawaye dans la région de Dakar. Plus de 3600 élèves devaient y faire leur retour hier et forcément « le report de la reprise des cours divise », titre le journal. Le proviseur estime que « les autorités avaient fait le nécessaire pour le redémarrage des cours ». « Tout était prêt », assure Mandaw Mbaye : tables espacées et décalées dans les salles de cours, des masques et du gel hydroalcoolique à disposition... le président des élèves juge aussi que tous « étaient prêts à jouer leur partition »

Mais le journaliste constate également l'équipement « sommaire » de l'infirmerie, « où un ventilateur mural se dispute avec deux chaises, une table, une poubelle et un placard vide ».

Sur les réseaux sociaux, les critiques sont plus acerbes encore note le Walf Net qui titre « la crédibilité de Macky Sall s'effondre complètement ». Le site d'informations relaie les piques lancées par des figures sénégalaises des réseaux, pour la plupart agacées par les contradictions des autorités. Mais là aussi quelques uns volent au secours du président sénégalais, préférant saluer sa prudence.

À la Une de la presse également, la Guinée où une modification surprise de la réforme constitutionnelle fait débat

Kaloum Presse publie le communiqué du barreau de Guinée où les avocats dénoncent « une altération frauduleuse » du projet, dénonçant notamment la suppression de la possibilité de candidatures indépendantes des partis politiques existants, ce qui n'était pas prévu par le texte soumis au referendum du 22 mars dernier.

Le Djely relaie de son côté l'indignation de l'opposition : le Front national de la défense de la Constitution dénonce une réécriture allant à l'encontre du « Protocole additionnel de la CEDEAO sur la Gouvernance et la démocratie révisé en 2012 »

« Falsifications », « tripatouillage », les critiques fleurissent dans les journaux guinéens. L'hebdomadaire satirique Le Lynx s'amuse de la situation : « ils ne sont pas satisfaits du texte qu’eux-mêmes ont concocté. Ils ont alors procédé à des retouches pour rendre la Constitution encore plus adaptable à leur volonté. »

Résultat, un Alpha Condé « gêné aux entournures » estime Aujourd'hui au Faso. Cette « faute lourde » met en lumière, selon le journal burkinabè, les motivations « floues » du président guinéen : « tout en se donnant toutes les chances de grappiller un 3ème mandat, Alpha Condé fait mine de n'en rien vouloir », estime le quotidien.

« On n'est pas sortis de l'auberge », juge de son côté Guinée News, qui revient sur l'interview accordée par le président guinéen à Jeune Afrique. Un entretien dans lequel il accuse l'opposition d'avoir voulu renverser le pouvoir lors du référendum. Des accusations « graves » selon le site d'informations, « qui ne sauraient tout de même justifier toutes ces morts enregistrées le 22 mars. Dans ce discours artificieux, les observateurs sont au regret de constater, que nulle part il n’y a de compassion à l’endroit des victimes de ces violences électorales ».