Une prise de parole juste avant l’élection présidentielle du 31 octobre, pour inviter au dialogue et ainsi éviter « la catastrophe ». « Gbagbo parle pour la première fois », lance « en manchette » le quotidien indépendant ivoirien Soir Info.

« Je comprends la désobéissance civile, je la partage », dit Laurent Gbagbo à la Une du Nouveau Réveil. Ce quotidien proche du PDCI d’Henri Konan Bédié relève aussi que, dans l’entretien qu’il a accordé à notre consœur Denise Époté, de TV5 Monde, Laurent Gbagbo s’est clairement positionné « du côté de l’opposition ». À quoi Le Nouveau Réveil ajoute en Une cette prédiction de Laurent Gbagbo : « Après le 31 octobre, c’est la catastrophe ».

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« 9 ans après, Gbagbo casse la baraque », s’enthousiasme Le Temps. Ce quotidien qui lui est proche a trouvé l’ex-président de la République « égal à lui-même. Serein, sage et déterminé pour le combat. Il pète la grande forme », lance Le Temps, « le chef a parlé. Et bien parlé. Il a parlé fort, très fort », estime ce journal.

Après avoir vu cette interview de Laurent Gbagbo, le journal Aujourd’hui, dans un style fleuri, lance cette très abidjanaise remarque : « C’est pourquoi il nous manque ! Voilà pourquoi Gbagbo nous manque autant, rehausse Aujourd’hui. Il nous tous apaisés le temps de cet entretien. »

En France aussi, plusieurs quotidiens ouvrent ce matin leurs colonnes à cette actualité ivoirienne

Le journal l’Opinion souligne ainsi que Laurent Gbagbo a rompu le silence parque que « politiquement, il ne souhaite (pas) porter le chapeau des prévisibles violences post-électorales ». Dans ce journal, le porte-parole (en exil) du président Gbagbo Justin Koné-Katinan, souligne que Laurent Gbagbo « attire l’attention de la communauté internationale en avertissant qu’il n’est pas encore trop tard pour éviter les violences, aller à des concertations nationales, mettre en œuvre la cohésion sociale. Chacun assumera ses actes devant le peuple et devant l’histoire », prévient Justin Koné-Katinan dans l’Opinion.

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Récemment, sur RFI et France24, le président ivoirien Ouattara a dit que la Banque mondiale situait la Côte d’Ivoire « aux portes du paradis ». Mais en France, ce matin, un quotidien situe ledit paradis tout près de l’enfer

Il s’agit du journal Libération. Lequel révèle le contenu d’un rapport « resté confidentiel » de l’Union européenne, « daté d’avril 2018 », dans lequel était dénoncé dans « un langage peu diplomatique », la « déconnexion croissante de la classe dirigeante (ivoirienne) par rapport aux réalités quotidiennes vécues par la population ». Ce rapport de l’Union européenne pointe aussi « la corruption (qui) demeure » en Côte d’Ivoire, signale Libération, en soulignant que le taux de pauvreté s’établit « autour de 46,3 %, condamnant près de la moitié de la population à vivre sous le seuil de pauvreté ».

Double-contexte politique et social, souligné à la veille du scrutin présidentiel ivoirien

« Jamais depuis dix ans, un scrutin n’a suscité autant de craintes en Côte-d’Ivoire », avertit encore Libération. Lequel journal trouve que le « dialogue de sourds » qui y prévaut « fait craindre le pire », et rappelle que les Nations unies viennent d’annoncer « le rapatriement de tout leur personnel "non essentiel" ».

En reportage à Assouindé, sud-est de la Côte d’Ivoire, Libération s’est ainsi rendu dans la plus ancienne école primaire du village, qui servira de bureau de vote demain. « Mais sur 1 300 inscrits, seule une centaine de personnes sont venues retirer leur carte électorale. Est-ce par hostilité au président sortant ? Par peur des affrontements ? Dans le village, ces questions provoquent un silence gêné », signale Libé, en relevant qu’Abidjan « se vide ou se barricade dans la peur d’un week-end tendu ».

Le troisième quinquennat d’Alassane Ouattara ? Il est « au cœur de toutes polémiques et de toutes les tensions, faisant craindre que le pays ne renoue avec la violence politique », prévient aussi Le Figaro. « Les rues d’Abidjan sont certes très calmes, mais c’est plus la peur des violences et le souvenir traumatisant de la crise post-électorale de 2010 qui semblent dominer », estime ce quotidien, en présentant le président sortant Alassane Ouattara comme « favori du scrutin » de demain « pour la passe de trois » formule Le Figaro.