C’est une cérémonie à forte valeur symbolique qui s’est tenue hier mercredi à Paris : la France a acté la restitution au Bénin de 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey conservées jusqu’ici au musée du Quai Branly.

« Parmi les 26 œuvres d’art, précise Le Monde Afrique, figurent des statues totems de l’ancien royaume d’Abomey ainsi que le trône du roi Béhanzin, pillés lors de la mise à sac du palais d’Abomey par les troupes coloniales, en 1892. Elles sont exposées jusqu’à dimanche au musée du Quai Branly. 'Le retour de ces objets est un acte important de l’histoire des collections', a estimé hier son directeur, Emmanuel Kasarhérou. 'Il est important que le patrimoine de chaque pays soit suffisamment représenté dans chaque pays', a-t-il ajouté, évoquant sa 'grande joie' de remettre ces pièces 'à des mains expertes'. »
Prêt !
En effet, tout est prêt sur place pour accueillir ces œuvres.

« Depuis 2016, relève L’Evénement  précis, le gouvernement du Bénin a fait des investissements d’un montant de plus d’un milliard d’euros pour la rénovation et la construction d’infrastructures muséales, culturelles et touristiques répondant aux normes et standards internationaux, en particulier, le Fort portugais de Ouidah complètement réhabilité pour accueillir en exposition temporaire les 26 objets d’art restitués dès leur retour au Bénin. Et puis en chantier : le musée international de la mémoire et de l’esclavage, le musée de l’Epopée des amazones et des rois du Dahomey, le musée Vodun à Porto-Novo et le musée des Arts contemporains. Ainsi, le Bénin a pu renforcer les capacités de ses professionnels du patrimoine culturel afin de garantir la bonne conservation des biens restitués et au-delà de l’ensemble du patrimoine culturel béninois qui fait actuellement l’objet d’un inventaire intégral. »
Un processus irréversible
Alors, « lentement mais sûrement, commente Le Pays au Burkina, le processus de restitution d’œuvres d’art par la France aux pays africains, semble désormais irréversible, au regard de l’arrivée imminente des trésors royaux d’Abomey au Bénin. (…) On sait que la Côte d’Ivoire va aussi bientôt recevoir une œuvre de grande importance, le tambour parleur du peuple Ebrié, autrefois appelé peuple tchaman. Bien avant cela, c’est le Sénégal qui avait reçu, en novembre 2019, le sabre d’El Hadj Oumar Tall. »

Bref, poursuit Le Pays, « la volonté affichée d’Emmanuel Macron de restituer les objets d’arts aux pays africains, est une excellente chose. Elle l’est d’autant plus que ces œuvres d’art constituent un pan important de l’Histoire africaine. Au-delà, ces objets permettront à la nouvelle génération africaine de mieux connaître les symboles forts de la lutte anticoloniale. »
La reconnaissance de l’histoire africaine
Aujourd’hui  renchérit : « en restituant ces 26 œuvres d’art, la France répare un tort fait à l’Afrique, continent qui n’avait 'pas d’histoire', selon la doctrine de l’époque, la France tente de récolter des morceaux d’un riche patrimoine qu’elle a contribué à dilapider. Et Emmanuel Macron fait bien de dire que cette 'restitution emblématique ouvre de nouveaux horizons de partage'. Que ce soit au Bénin ou au Sénégal, ces remises constituent une sorte de retour des 'petits hommes' au pays natal. Des œuvres d’art qui charrient émotion et mystères dans la cosmogonie africaine. »
Diarry Sow : disparue avec adresse…
Enfin, à lire dans Le Monde Afrique, le portrait de Diarry Sow… Souvenez-vous, c’était en janvier dernier, cette jeune et brillante étudiante sénégalaise avait disparu. Elle ne s’était pas présentée à la rentrée au lycée Louis Le Grand à Paris. « Une disparition soudaine qui avait alarmé ses compatriotes et la diaspora sénégalaise », rappelle Le Monde Afrique. Aujourd’hui, la jeune femme de 21 ans « revient sur son histoire, mais en empruntant un étonnant chemin. Si elle a accepté de rencontrer un journaliste, c’est parce qu’elle publie, le 4 novembre, un roman au titre a priori sans équivoque : Je pars. Le bandeau publicitaire en couverture du livre est lui aussi sans ambiguïté : 'Disparaître, certains en rêvent. Elle l’a fait'. »

Alors, pourquoi cette disparition qui aura duré 17 jours ? Diarry Sow se garde bien de le dire, même dans son livre qui est un roman. Diarry Sow qui revendique le droit de ne plus devoir rendre de comptes.

« Elle se voit plus tard travailler dans le nucléaire, la génétique ou l’intelligence artificielle, pointe Le Monde Afrique. Et que fera-t-elle après ses études ? Rester en France ? Retourner au Sénégal ? 'Evidemment, je reviendrai', lâche-t-elle, elliptique. L’année prochaine sortira un autre roman. 'Je ne suis pas complètement une femme libre et accomplie, conclut-elle. Je suis inachevée'. »