« La mission de l’organisation sous –régionale a bouclé hier ses valises », rapporte l'Informateur. Relayé par Maliweb, le journal rappelle que la délégation « conduite par son médiateur, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, avait posé ses  valises lundi sur les bords du Djoliba, pour évaluer les avancées de la transition ».

« Et après deux jours de rencontres, d’échanges avec les autorités de la transition et les forces vives de la nation malienne », reprend Le Pays, dans son communiqué final, la délégation « a salué les avancées du processus de transition ». Mais elle a aussi appelé les autorités et les acteurs sociaux au dialogue, « pour préserver les intérêts du Mali », souligne encore Le Pays. Par ailleurs, « Goodluck et sa délégation ont tout de même déploré la non dissolution, jusque-là, du CNSP », la junte militaire. Le Pays cite ici le communiqué de la Cédéao précisant en effet qu'après l'installation des organes de transition « le conseil national pour le salut du peuple devrait être formellement dissout ».

Un match présidentiel en Ouganda

La presse nous présente aussi ce matin le match présidentiel qui se profile demain, jeudi 14 janvier, en Ouganda. « Au pouvoir depuis 35 ans, Yoweri Museveni, président sortant, brigue un sixième mandat. Il aura pour principal adversaire le chanteur Bobi Wine, 38 ans qui mobilise la jeunesse ». Avec ces mots, Walf, le journal sénégalais, pose le décor mais il prévient d'emblée : « Yoweri ne veut rien lâcher ». « Modification de la Constitution en 2017, suspension à l’accès à l’ensemble des réseaux sociaux et services de messagerie jusqu’à nouvel ordre, harcèlement de journalistes, musèlement de la presse… Ce n’est que la face visible de l’iceberg pour prolonger le bail de Yoweri Museveni à la tête de l’Ouganda, déplore Walf, citant ici l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama lors d'un voyage au Ghana : « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais plutôt d’institutions fortes ». Et cela, ironise Walf, « l’Amérique nous le montre avec ce loufoque de Donald Trump, qui, grâce à la solidité des institutions américaines va, malgré toutes ses velléités de se maintenir au pouvoir, sortir par une petite porte de la Maison-Blanche. Mais, des types comme Yoweri Museveni, l’Afrique n’en a plus besoin », conclut l'article.

En France Libération de son côté consacre une double page à cette présidentielle ougandaise. Le quotidien évoque un « régime corrompu » et une répression violente qui « fait voler en éclats la légende d'une démocratie pacifique ».

L'affaire Diary Sow

La presse française suit aussi l'affaire Diary Sow. « La meilleure élève du Sénégal » qui étudie à Paris où elle est portée disparue depuis le 4 janvier. Et Le Parisien croit savoir que "l'hypothèse criminelle semble désormais écartée" par les enquêteurs, mais « il convient de rester prudent ». Selon le quotidien, la police judiciaire française parisienne « pencherait en effet pour l'hypothèse d'une disparition volontaire ». En tout cas, le consul général du Sénégal en France salut ici l'enquête de « grande envergure » menée par la police française.

En Côte d’Ivoire, sur les traces des « déguerpis » d'Adjoufou

À lire en Côte d'Ivoire, énième conséquence des drames migratoires. Vous vous en souvenez peut-être, on en a bien sur parlé sur RFI : Le 8 janvier 2020, le jeune ivoirien Laurent Barthelemy Ani Guibahi, 14 ans, était retrouvé mort à Roissy. Il s'était caché dans le train d'atterrissage d'un avion Air France qui assurait la liaison Abidjan-Paris. Eh bien, L'intelligent d'Abidjan nous rappelle ce matin, qu'il y a un an jour pour jour, en réaction à ce drame, les autorités ivoiriennes avaient annoncé leur intention « de raser un périmètre de 200 mètres » autour de l'aéroport. Pour sécuriser la zone et éviter qu'un autre adolescent ne puisse passer.  « Ce qui obligeait les riverains à quitter les lieux ». Un an après donc, l'Intelligent dresse le bilan : cette « opération de déguerpissement » a été menée à bien par endroits mais ce n'est visiblement pas le cas dans le quartier d'Adjoufou, qui comptait quelque 600 habitants.

« Après nous avoir remis 30.000 FCFA par personne comme dédommagement, témoigne un propriétaire, plus personne n'est revenu nous voir. Pour ce qui me concerne, je n'ai pas bougé », nous dit-il. Les habitants avaient dû enlever le toit de leur maison, beaucoup ont été rapidement réinstallés. «70% des gens sont revenus » selon ce propriétaire. Et L'Intelligent s'interroge : « doivent-ils leur salut à la présence de plusieurs entreprises étrangères dans le périmètre ? » Ces dernières, elles, n'ont pas été inquiétées et « ils sont même en train de construire une Usine Mercedes » affirme un autre habitant... Alors, « un an après, nous interpelle le journal, finalement, que retenir de cette affaire de l’enfant parti du train d’atterrissage d’un avion Air France ? ».