« Le Cardinal Laurent Monsengwo est mort en France », titre sobrement le site de Radio Okapi. L’Archevêque émérite de Kinshasa est décédé ce dimanche 11 juillet à l’âge de 81 ans. « Le prélat catholique était gravement malade et son état de santé se dégradait à Kinshasa. Il avait été évacué lundi dernier vers la France pour recevoir des soins appropriés », précise Radio Okapi.

« L’Église congolaise est en deuil », écrit Vatican News. On peut y lire l’interview et l’hommage du successeur de Laurent Monsengwo, le cardinal Fridolin Ambongo. Il salue l’engagement d’un « homme de Dieu qui croyait en l’homme, en la valeur de la personne humaine » et qui a mené toute sa vie un « combat pour un monde plus juste, un monde plus fraternel ».
Un homme d’église, mais aussi une voix écoutée sur la scène politique
C’est un « prince de l’Église qui disparaît », estime le magazine Enjeux africains. Mais « sous la soutane, peut-on lire, se cachait indiscutablement le costume d’un véritable homme politique ». Pour Enjeux africains, Laurent Monsengwo « avait l’avantage d’être à lui seul un contre-pouvoir, une voix qui porte », et « il n’a jamais eu sa langue dans sa poche ». « N’a t-il pas traité les kabilistes de médiocres ? », se rappelle le magazine et, plus récemment, « n’a-t-il pas reproché à l’actuel président d’avoir "pactisé" avec son prédécesseur, au détriment des intérêts de la population ? » Pour Enjeux africains, c’est certain : « Ses homélies étaient attendues par les fidèles mais le pouvoir les appréhendait. » Le défunt cardinal « va manquer aux uns et aux autres », conclut l’article.
Au Mali, des commémorations et un désir de justice
« Le Comité stratégique du M5-RFP se rappelle ! », affiche MaliWeb. « Les 10, 11, 12 juillet 2020, il y a un an de cela, explique le site internet, le monde entier a constaté avec une grande stupéfaction la répression sanglante » contre les manifestants pacifistes à Bamako. Elle avait fait « plusieurs morts et de nombreux blessés » et « ces personnes ont donné leur sang pour le changement », écrit MaliWeb, en citant « le devoir de mémoire » évoqué par le M5-RFP, le mouvement qui a contribué à pousser Ibrahim Boubacar Keita vers la sortie.

Malijet revient de son côté sur la sortie de l’influent Imam Mahmoud Dicko. Il a réclamé justice pour les victimes ce dimanche, lors d’un discours devant sa mosquée du quartier Badalabougou de Bamako, là où des forces de l’ordre étaient intervenues contre un rassemblement de fidèles. Une justice qui sera indispensable, analyse MaliWeb. Le site voit d’un bon œil d’ailleurs le début des poursuites contre les auteurs et complices présumés de la tuerie lors de ces manifestations, et pour lui, aucun doute : « Pour poser les jalons de la refondation de l’État malien, il faudra, à coup sûr, que les gouvernants donnent un signal fort en œuvrant à mettre fin à l’impunité. »
Le Sahel, et la situation sécuritaire dans la presse française
« La périlleuse réorganisation de l'opération Barkhane », une analyse à lire dans le journal Le Monde, alors que « le président Emmanuel Macron a présenté vendredi les lignes du plan de retrait partiel des quelques 5 100 soldats français ». Retrait partiel qui devrait démarrer « dès les prochaines semaines » et Le Monde nous livre ce lundi un reportage au Burkina Faso. Sur place « des communes entières sont encerclées par des dijhadistes qui menacent les habitants et coupent les populations du reste du pays », comme à Madjoari, dans l'Est, au cœur du parc d'Arly, à 400 kilomètres de la capitale Ouagadougou. Des centaines de personnes tentent simplement d'y survivre. « Désespoir des populations, armée fissurée, gouvernance apathique : c'est un cocktail explosif », nous dit un politologue. Et voilà ce qui rend donc périlleuse aujourd'hui cette réorganisation de Barkhane pour Le Monde. 

Au Mali voisin, toujours dans Le Monde, on apprend - ou l'on trouve confirmation - que le refus de négocier avec les jihadistes contrarie le pouvoir de Bamako et l'opinion locale. « Si nous, Maliens, voulons négocier, c'est notre choix », témoigne un habitant du cercle de Koro. De toute façon, les solutions sont à trouver ailleurs que sur le seul terrain militaire, et ce n'est autre que le Général Didier Castres qui l'affirme ce lundi dans Libération. Lui qui était le patron des opérations de l'armée française pendant les premières années de Serval puis Barkhane, il est catégorique : Tous seuls sur le terrain, « les militaires ne règlent rien ».