Plus d’une centaine de morts samedi dans deux villages nigériens, dans la région de Tillabéry, non loin de la frontière avec le Mali.

« La première attaque a eu lieu au village de Tchombangou, rapporte le site d’information L’Evénement Niger. Ensuite les assaillants s’en sont pris non loin de là à Zaroundarèye. Le village aurait été brûlé. (…) Cette double attaque intervient dans un contexte tendu dans cette zone où depuis plusieurs jours se seraient produits des règlements de compte au sein des communautés. »

En tout cas, soupire L’Evénement Niger, « cette nouvelle année démarre sur une mauvaise note sur le plan sécuritaire dans notre pays. Espérons que les autorités prendront enfin les mesures idoines pour stopper ces groupes terroristes dans leur barbarie. »

« Tout serait parti de l'incursion de deux terroristes à moto à Tchombangou, précise pour sa part L’Observateur Paalga à Ouagadougou. Des jeunes, membres d’un groupe d'autodéfense, les auraient neutralisés et achevés à la machette. La vengeance des terroristes sera sans commune mesure, pointe le quotidien burkinabé, avec ces représailles au lourd bilan menées par plusieurs djihadistes à moto. (…) Cette double attaque vient en tout cas rappeler aux deux finalistes de la présidentielle, Mohamed Bazoum et Mahamane Ousmane, que la priorité des priorités demeure la sécurité, s’exclame L’Observateur, la sécurité qui doit être leur cheval de bataille, une fois aux affaires. »

La démocratie entachée

En effet, « Niger : la démocratie à l’épreuve du terrorisme », titre pour sa part Ledjely en Guinée. « C’est avec un sentiment mitigé que les Nigériens abordent la nouvelle année. En effet, ils ne savent pas s’ils doivent mettre en avant la fierté et le soulagement consécutifs à la tenue plutôt réussie du premier tour de la présidentielle du 27 décembre dernier et dont les résultats ont été publiés samedi, ou bien s’ils doivent privilégier la tristesse que leur inspirent les attaques terroristes qui ont ciblé ces deux villages de l’ouest du pays (…). Un drame qui, du sang rouge de toutes les victimes innocentes qu’il a englouties, entache une victoire démocratique symbolisée aussi bien par la transparence du scrutin relevée par l’ensemble des observateurs que par la possibilité offerte au pays de vivre sa première alternance pacifique. »

Finalement, conclut Ledjely, « qu’importe qui de Mohamed Bazoum ou de Mahamane Ousmane sera élu le 20 février, il devra savoir qu’il a du pain sur la planche. Qu’au-delà de la nécessité d’aider à sortir la majorité écrasante de ses compatriotes de la misère et de maintenir la flamme de la démocratie, il lui faudra œuvrer avec ses homologues et le concours des partenaires à créer un environnement sécuritaire susceptible de favoriser le développement durable du pays et de la région. »

Des négociations ?

De son côté, le quotidien Aujourd’hui  au Burkina note qu’à ce massacre s’ajoute la mort des 5 militaires français ces derniers jours… Et ça n’est sans doute pas un hasard, pointe le journal ouagalais : les actions terroristes s’intensifient « au moment où il est question d’un relatif retrait de la France, au profit d’une force européenne, que Paris appelle de ses vœux. Annoncées et arrivées imminentes, celles de la Suède et de la Tchécoslovaquie, ce qui serait d’ailleurs tout bénéfique pour le Sahel. Le sujet a été évoqué lors du réveillon Castex-Deby au Tchad, croit savoir Aujourd’hui. Dans l’attente, la France n’a pas vocation à abandonner le Sahel et même envisage des négociations avec certaines katibas, affirme encore le quotidien burkinabé, à l’exception toutefois des premiers responsables de l’État islamique et d’Al-Qaïda, c’est-à-dire avec Al-Sahraoui, dont la présence ensanglante la région des 3 frontières, et avec Iyad Ag Ghali, dont les rapts et les assassinats se poursuivent de plus belle. »

Et Aujourd’hui de s’interroger : « les deux seigneurs des katibas veulent-ils par cette hausse de bellicisme sanglant s’inviter de force dans ce dialogue que veut amorcer la France avec ses ennemis de l’ombre ? »