Le virus ne cesse de circuler dans le pays. « Hier, rapporte le quotidien 24 Heures, il y a eu 250 nouvelles contaminations et on a enregistré 10 décès. (…) Le couvre-feu de 21 h à 5 h du matin est toujours de rigueur pour un mois renouvelable, sur l’étendue des régions de Dakar et de Thiès. » Et on attend toujours le vaccin…

« Malgré l’état d’urgence, déplore pour sa part le quotidien Enquête, malgré le couvre-feu, malgré toutes les mesures qui ont été édictées, le virus continue de progresser à vive allure, de semer malades et morts partout où il passe. Après 14 jours de couvre-feu, le Sénégal compte donc encore ses morts qui ne cessent d’augmenter. (…) Bientôt un an que le Sénégal a connu son premier patient confirmé. 23.000 cas et au moins 500 morts plus tard, pointe Enquête, le déni de la maladie existe encore au sein de la société. Si l’efficacité de la campagne de sensibilisation contre la propagation de la pandémie menée par les autorités gouvernementales est souvent décriée, les résultats de l’apport de l’implication des religieux, jugés plus influents que les politiques et les administratifs, peuvent également prêter à beaucoup de questionnements. »

En effet, relève Enquête, « malgré les appels des chefs religieux au respect des mesures sanitaires édictées par la Cellule de lutte contre le Covid-19, le port du masque, la distanciation sociale et l’annulation des rassemblements ne sont pas scrupuleusement respectés par la majorité des Sénégalais. À moins qu’ils n’y soient contraints par la présence d’une autorité dissuasive. »

Joe Biden : une oreille attentive à l’Afrique ?

À la Une encore, l’intronisation de Joe Biden aux États-Unis et les répercussions sur l’Afrique… « Avec le successeur de Donald Trump, l’appui américain en faveur du développement de l’Afrique devrait reprendre, pointe Ledjely en Guinée. On prédit également que les menaces de retrait des troupes américaines impliquées en particulier dans la traque des terroristes dans le Sahel pourraient être suspendues. Que les activistes des droits humains et les militants pro-démocratie africains pourraient trouver des oreilles plus attentives à leurs plaidoyers au sein de l’administration Biden… Bref, entre l’Afrique et l’Amérique, tout devrait changer, avance Ledjely. Bien sûr, toutes ces prévisions sont légitimes et pertinentes. Mais avant cette étape plus concrète, ce qui pourrait changer et ce qui justifie que l’Afrique se réjouisse du départ de Donald Trump, c’est la perception dévalorisante que ce dernier avait du continent africain. »

Boursiers d’excellence : trop de pression…

Enfin, à lire dans Le Monde Afrique cette enquête sur les boursiers d’excellence au Sénégal : ces étudiants brillants qui obtiennent des bourses pour aller étudier en France, mais parfois au prix de « beaucoup de sacrifices et parfois même de dépression ».

Et c’est probablement le cas de Diary Sow, relève Le Monde Afrique, « cette étudiante en deuxième année de classe préparatoire scientifique au prestigieux lycée parisien Louis-le-Grand, qui n’a plus donné signe de vie depuis le 4 janvier. Deux semaines plus tard, le mystère ne s’est pas totalement éclairci, même si des sources proches de l’enquête ont indiqué que la piste d’une disparition volontaire était privilégiée. (…) Pour les élèves sénégalais, pointe Le Monde Afrique, la bourse d’excellence semble le parfait sésame. Mais souvent, "c’est au prix de beaucoup de sacrifices, de dépression et de burnout", souffle une ancienne élève de prépa littéraire citée par le journal. A écouter les boursiers, cette dotation entraîne une accumulation de stress. Un tourment psychologique qu’ils ont commencé à exprimer à la faveur de la disparition de Diary Sow. "Le choc est immense, affirme un autre étudiant sénégalais. On est avec des camarades très très brillants. Quand on reçoit nos premières notes, on se dit qu’on n’est pas aussi bon que ça. C’est un autre monde". "Tu en arrives à te dire que tu es nulle", soupire cette étudiante. "On a l’impression de ne jamais en faire assez. À cause de la pression des notes, la santé mentale est fragilisée". S’y ajoute l’angoisse de perdre sa pension, pointe encore Le Monde Afrique. Car pour conserver cette bourse tout au long des cinq ans d’études, il ne faut pas redoubler sa première année et réussir à intégrer une grande école à la fin de la prépa. »

C’est pourquoi « certains boursiers sénégalais ont demandé aux autorités d’assouplir les critères d’attribution de la bourse : l’ouvrir aux universités, prendre en compte l’envie des élèves, expliquer davantage en amont le système de classe préparatoire aux grandes écoles et avoir un meilleur accompagnement, surtout psychologique. »