Le chef de la junte a invité les participants à laisser leurs « différends et égos de côté », relève Maliweb, et à saisir cette opportunité pour bâtir les jalons un Mali « paisible, créatif où il fait bon vivre », souligne encore ce site malien. 

Transition civile ? Militaire ? Et pour combien de temps ? Pour une durée de comprise « entre dix-huit et vingt-quatre mois », exige le Comité stratégique du M5-RFP dans un document publié par le quotidien Malikilé.

Ces questions, en tout cas, constituent « le plus grand facteur de division de la société malienne depuis la vacance du pouvoir survenue le 18 août dernier », souligne en Une cet autre journal malien qu’est L’Indépendant.

Justement, « les Maliens, en l’occurrence la classe politique et les acteurs de la société civile, ont toujours mis l’accent sur ce qui les divise plutôt que sur ce qui les unit », énonce, au Burkina Faso voisin, le journal Le Pays. Ce quotidien ouagalais doute « de la sincérité même de la junte au pouvoir quant à cette décision de convoquer cette grande foire qui, si l’on se réfère à d’autres expériences similaires, n’accouchera de rien », prédit Le Pays. Car, selon ce confrère, « la soldatesque n’a certainement pas pris le pouvoir pour se faire dicter la conduite à tenir ». Selon Le Pays, pas de doute, « il y a donc forcément derrière cette "grande palabre", un agenda caché (…) une manœuvre de la junte destinée à gagner du temps et à endormir les Maliens et la communauté internationale aux fins de se maintenir au pouvoir ». 

En Côte d’Ivoire, la visite du chef de l’État dans le Moronou et l’investiture, demain à Yamoussoukro, de l’ex-président Bédié à la prochaine présidentielle sont ce matin à la Une :

« Les élections seront transparentes, tranquilles et apaisées », promet Alassane Ouattara, en demandant aux Ivoiriens de faire « confiance aux institution », relèvent en Une les quotidiens proches du RHDP Le Patriote, Le Jour, L’Expression, L’Essor, Le Mandat, ou encore les quotidiens indépendants L’Inter et Soir Info.

La presse proche du PDCI, elle, met en effet l’accent sur la grand’ messe de Yamoussoukro où Henri Konan Bédié sera investi demain en « grande pompe », annonce en Une Le Nouveau Réveil. Dans la capitale ivoirienne, Bédié, à son arrivée hier, a « créé l’émeute », formule avec emphase le journal L’Héritage, tandis que d’un titre très macronien, le journal Le Bélier publie un numéro « spécial investiture » sur « Bédié en marche vers le palais présidentiel ».

Mais qu’ils soient proches du pouvoir ou de l’opposition, le sujet politique qui captive les lecteurs ivoiriens ce vendredi matin, ce sont ces présumées tractations secrètes entre le pouvoir et l’ex-président Laurent Gbagbo.

Selon Jeune Afrique, en effet, Alassane Ouattara « a sollicité ces dernières semaines son homologue nigérien Mahamadou Issoufou pour faire passer un message à son prédécesseur Laurent Gbagbo : en échange de sa neutralité jusqu’à la présidentielle du 31 octobre, le président ivoirien est prêt, une fois réélu, à le gracier de la peine de vingt ans de prison dont il a écopé dans l’affaire du casse de la BCEAO – l’intéressé se dit innocent – et à lui permettre de rentrer en Côte d’Ivoire ». Toutefois, complète Jeune Afrique, Laurent Gbagbo « n’a guère l’intention d’accepter un tel accord », d’autant que l’ex-chef de l’État « est désormais très impliqué dans son projet d’alliance avec Henri Konan Bédié ».

En tout cas, ces « propositions » destinées à Laurent Gbagbo attribuées à Alassane Ouattara par Jeune Afrique sont «  indécentes », s’indigne Le Quotidien d’Abidjan.

Et puis, à propos de Ouattara, à noter enfin cet article du quotidien Le Figaro consacré à la candidature à un nouveau mandat du président guinéen Alpha Condé, et dans lequel un diplomate français estime que la candidature du président ivoirien sortant à la prochaine élection présidentielle « a rendu difficiles les critiques contre Alpha Condé, car la France comme la Cédéao sont restées silencieuses sur le cas Ouattara ».