« Le retour du monstre », s’exclame le quotidien Enquête en première page. « C’est reparti, soupire le journal. Ziguinchor a été, lundi, le théâtre de l’épisode 1 du feuilleton électoral dénommé 'Locales 2022'. (…) L’opposant Ousmane Sonko et ses militants ont été attaqués par des hommes armés 'de gourdins, de barres de fer et toutes sortes d’arme blanche', selon des témoins, occasionnant un affrontement dont de nombreuses personnes sont ressorties blessées. Si le camp du leader du Pastef et celui du responsable du parti au pouvoir cité dans cette affaire se rejettent la faute, cet incident vient rappeler que les tensions ayant exacerbé la crise de mars dernier sont loin d’être dissipées. Il rappelle surtout, par certains aspects, le contexte de fin de mandat du précédent président Abdoulaye Wade, quand crise sociale et économique se conjuguaient avec une volonté de changement dans la gestion du pays. »
Les élections locales : scrutin test avant la présidentielle de 2023
« Ça sent déjà une campagne inflammable pour le 23 janvier », lance pour sa part le quotidien Aujourd’hui au Burkina Faso. « A Ziguinchor, c’est une petite répétition générale de ce que pourrait être le scrutin local du 23 janvier prochain. Le renouvellement général du mandat des conseillers départementaux et municipaux aura valeur de test pour la présidentielle prochaine, et surtout esquissera la carte électorale du Sénégal, avec l’irruption du Pastef, les remous au sein de Benoo Bok Yakaar, et le PDS des Wade en embuscade. Sans oublier le proscrit ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, qui rêve, ne serait-ce que, par procuration de prendre sa revanche sur le pouvoir actuel. Ces élections locales promettent (donc) des étincelles, insiste Aujourd’hui, dans un pays de la Téranga, où la démocratie se porte bien et où les partis politiques ont déjà fourbi leurs armes pour les joutes oratoires et le combat du suffrage universel. Et à l’évidence, l’opposant Ousmane Sonko croit peut-être au grand soir en 2023, et compte déjà marquer sa représentativité locale le 23 janvier prochain. En rappel, à la dernière présidentielle, Sonko avait obtenu 15,67% des voix. »
À la Une également, le nouveau gouvernement tunisien
« Près de deux mois et demi après le coup de force du 25 juillet, le président Kaïs Saïed n’est plus la seule et unique tête de l’exécutif en Tunisie, pointe Le Monde Afrique. Avant-hier, lundi, la cheffe du gouvernement, Najla Bouden, elle-même récemment nommée, a annoncé la composition de son équipe : vingt-cinq ministres – dont un tiers de femmes – chargés de 'restaurer la confiance' et de 'lutter contre la corruption'. Alors que la Tunisie vit toujours sous un régime d’exception dans lequel Kaïs Saïed concentre les pouvoirs législatifs et exécutifs, sans recours possible, de quelle marge de manœuvre disposera le nouveau gouvernement ? », s’interroge Le Monde Afrique. Eh bien, elle sera mince… « Dans la configuration politique actuelle, +les profils des nouveaux ministres sont rassurants par leurs compétences+, estime le politiste Youssef Cherif, mais ils sont +inconnus du grand public et très éloignés de la politique+. La plupart sont des technocrates, issus du monde universitaire ou de l’administration, ou des proches de Kaïs Saïed (…). Malgré 'quelques signaux positifs', avec neuf femmes ministres, une première dans le pays, l’universitaire et spécialiste des médias Larbi Chouikha souligne que 'le nouveau gouvernement n’a pas de programme clair'. Et pourtant, « l’exécutif doit faire face à une situation économique calamiteuse, dans un pays sclérosé par les crises politiques et le manque de réformes. »

Se nourrir et se soigner…

C’est pourquoi, Najla Bouden doit parer au plus pressé et vite, estime le site Tunisie Numérique : « la cheffe du gouvernement Najla Bouden semble avoir exactement compris par où elle va aborder ses chantiers. Elle s’est, en effet, entretenue, hier, c’est-à-dire, le lendemain même de son investiture, avec le ministre de la Santé, le gouverneur de la banque centrale et le ministre de l’Economie. Car la priorité des priorités, pour elle, ce sont les besoins essentiels du citoyen, se nourrir et se soigner. Or, il faut reconnaitre que, sur ce plan, c’est très mal parti pour elle. Car les prix sont en train de s’emballer depuis quelques semaines, avec des aliments trop chers, et, parfois en quantité insuffisante sur le marché. De même pour les médicaments dont beaucoup sont en rupture de stock, notamment les médicaments pour les maladies chroniques. On comprend, dès lors, qu’elle va en avoir du pain sur la planche. »