C’est l’un des thèmes du rapport très général de 150 pages remis hier, mardi 5 octobre 2021, au président Emmanuel Macron par l’intellectuel camerounais Achille Mbembe. Ce rapport, en prélude au sommet Afrique France qui se tient vendredi 8 octobre 2021 à Montpellier, sans les chefs d’État africains, « formule treize propositions pour la "refondation" des relations entre la France et le continent, vieille antienne depuis les indépendances africaines. Celles-ci vont de la création d’un fonds destiné à soutenir les initiatives de promotion de la démocratie à des programmes permettant une plus grande mobilité étudiante, en passant par la mise en place d’un "forum euro-africain sur les migrations"»,  précise Le Point Afrique. 

Achille Mbembe « se penche notamment sur la façon "d’apurer les différends", souligne encore Le Point Afrique. Il souligne à cet égard que "la reconnaissance de la perversion du colonialisme, de sa nature, littéralement, de crime contre l’humanité, est importante". Il estime également que, "dans une large mesure, la France est à l’écart des nouveaux mouvements et des expérimentations politiques et culturelles" portés par la jeunesse africaine et "a oublié de se connecter à ces courants d’avenir". »

Il faut dire que les sujets de tension ne manquent pas en ce moment entre la France et certains pays du continent. 
Brouille entre Paris et Bamako...
En premier lieu, la partie de bras-de-fer entre Paris et Bamako. Hier, pointe Maliweb, « le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, a convoqué l’ambassadeur de France au Mali, suite aux propos inamicaux et désobligeants tenus par Emmanuel Macron sur les institutions de la République du Mali. (…) Le Ministre a invité les autorités françaises à la retenue, en évitant des jugements de valeur et appelé à une approche constructive basée sur le respect mutuel, en vue de se concentrer sur l’essentiel, notamment la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. »

« Faut-il le rappeler, s’exclame Malikilé, ces propos (de Macron) avaient choqué les maliens de tout bord qui exigeaient dès lors des mesures plus radicales. » Alors cette mise au point des autorités maliennes va-t-clore l’affaire ? « Fin de Clap. Fin de brouille ? », s’interroge le quotidien malien en ligne. Réponse : « ceci est une autre histoire. »

Pour sa part, le patron de la force française au Mali, le général Laurent Michon, a rendu visite hier aux autorités de la transition malienne. Objectif, croit savoir le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou, « rassurer les autorités maliennes et dire que Paris sera toujours aux côtés du Mali, pour un appui sécuritaire dans la lutte contre l’hydre terroriste. »

Toutefois, poursuit Aujourd’hui, « il est difficile d’envisager un compromis. » Avec « d’un côté le gouvernement de la Transition au Mali plus que jamais déterminé à explorer d’autres horizons dans la lutte contre le terrorisme qui stagne depuis plus de 8 ans et de l’autre, la France qui voit d’un mauvais œil ce changement de cap et le rapprochement entre Moscou et Bamako par l’entremise de la société Wagner. »
… et de l’eau dans le gaz avec Alger
Autre sujet de tension, cette fois, entre Paris et Alger… Là, le ton a baissé d’un cran dans la presse algérienne et française. « Emmanuel Macron calme le jeu », constate Le Matin d’Algérie  tout comme Le Monde Afrique. En effet, « le président français a déclaré, hier, souhaiter "un apaisement" sur le sujet mémoriel entre la France et l’Algérie, et a dit avoir des relations "vraiment cordiales" avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. »

Reste qu’ « Alger reste sourd aux efforts d’apaisement français », pointe Le Figaro à Paris qui cite une source proche de la présidence algérienne selon laquelle « "la position de l’Algérie reste la même" et les propos du chef de l’État français "ne changent rien". Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les réactions ne sont pas plus tendres, note encore Le Figaro. "Macron tente d’amadouer le président Tebboune et se justifie sur des déclarations hostiles", titre le site du quotidien arabophone Ennahar. "Le président tente de recoller les morceaux, mais aggrave son cas", selon le site Algérie patriotique. "Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron provoque une crise avec l’Algérie" comme avec "d’autres pays sur lesquels il croit détenir quelque tutelle, à l’instar du Liban ou du Mali". »