Ankara, qui affirmait en 2004 le principe du «zéro problème avec les voisins», est, seize ans plus tard, en conflit avec à peu près tout le monde. Et notamment, sur différents terrains, avec l’Europe.

On pense au soutien d'Ankara à l’Azerbaïdjan, ces dernières semaines. La Turquie a envoyé des drones et des frégates pour soutenir cette ancienne République soviétique dans sa conquête du Haut-Karabakh, plutôt que d'user de la diplomatie. Idem en Méditerranée orientale où Ankara a redéployé, la semaine dernière, son navire d'exploration gazière dans les eaux grecques, ranimant les tensions avec son voisin.Invité de cette émission spéciale Turquie, Pierre Razoux, directeur académique de l'Institut Fondation méditerranéenne d'études stratégiques, la F.M.E.S, à Toulon.

La Syrie, la Libye, mais aussi ces dernières semaines la Méditerranée, le Caucase, Ankara s’active militairement sur de multiples fronts et n’hésite pas à défier les Européens, ses alliés de l’Otan.

Un exemple de ces foyers de tensions, c'est la Méditerranée orientale où le pouvoir turc n'a visiblement pas l'intention de calmer le jeu. Avec le retour lundi dernier (19 octobre 2020) dans les eaux grecques, du navire turc d'exploration gazière Oruz Ris (Oruç Reis), en dépit des protestations d’Athènes et de Nicosie, l’ambition est de souffler le chaud et le froid. La manoeuvre a, d'ailleurs, eu pour effet de mettre brutalement un terme à la désescalade amorcée, il y a un mois. Comment cette dernière poussée de fièvre est-elle perçue dans l’opinion publique turque ? Éléments de réponse avec le reportage à Istanbul, d’Anne Andlauer.

Au cœur de cette rivalité entre ces deux États-membres de l’OTAN, le gaz naturel découvert au large de la Grèce, il y a quelques années. La petite île de Kastellorizo en est l’un des symboles. Ces 10 km de rocher pour quelque 300 habitants à l’extrême Orient de la Grèce, empêchent théoriquement la Turquie d’exploiter l’espace maritime alentour, et notamment les gisements d’hydrocarbures. À Kastellorizo, dont l’histoire est jalonnée par la domination de nombreuses nations étrangères, les craintes ont tendance à rester feutrées. Mais, fin septembre 2020, un drone venu couvrir un immense drapeau grec bleu et blanc gravé dans la roche d’un rouge vif semblable à la couleur du drapeau turc, a notamment rappelé que les contentieux territoriaux actuels sont loin d’être réglés. Le reportage de Joël Bronner sur cette petite île.

Ce conflit entre la Grèce et la Turquie n'est pas récent, loin de là. Ces réserves d'hydrocarbures dans la zone, auxquelles viennent s'ajouter la découverte récente de gisements de gaz naturel poussent à réfléchir aux enjeux que posent les frontières maritimes. C’est la chronique de Daniel Vigneron du site myeurop.info.