L’incendie du camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, où s’entassaient quelque 13 000 migrants, leur errance aujourd’hui, sont venus rappeler de manière dramatique un constat : l’Europe n’arrive pas à gérer le flux de migrants et de demandeurs d’asile qui arrivent sur son territoire.

Cinq ans après l’arrivée massive d’1,3 million de personnes originaires de Syrie où règne la guerre civile mais aussi d’Afghanistan, du Soudan, du Maroc, de Somalie ou d’Érythrée, où en est-on ?Pour en parler, nous recevons aujourd’hui Thierry Le Roy, président de France Terre d’Asile.L’association France Terre d’Asile s’occupe en France d’aider les demandeurs d’asile dans leurs démarches administrative, dans leur logement aussi. Elle promeut et fait connaître également la problématique du droit d’asile, défini par la convention de Genève de 1951.Les pays du Sud, la Grèce, l’Italie dénoncent à juste titre le manque de solidarité européenne. Ces deux pays sont toujours, de par leur position géographique, en première ligne dans l’accueil des migrants. Pourquoi l’Europe est elle incapable de répartir la charge et l’accueil de ces migrants ?Un Afghan qui arrive en Europe n’a pas les mêmes chances d’obtenir l’asile qu’il soit en France ou en Italie. Son dossier de demande d'asile ne pourra être instruit que dans le premier pays d’accueil. Il n’ya pas d’harmonisation en Europe. C’est un peu la loterie pour un demandeur d’asile ?Il y a un pays qui s’est démarqué en 2015, c’est l’Allemagne. Accueillant de loin le plus grand nombre de migrants, plus d’un million. On se souvient de la fameuse phrase de la chancelière Angela Merkel.Wir Schafen Das... on va y arriver. Aujourd’hui, on estime que 40 % des Syriens qui se sont installés en Allemagne ont trouvé un travail, même si l’apprentissage de la langue reste toujours un défi. Je vous propose d’écouter le reportage à Berlin de David Philippot. Il a rencontré une famille syrienne, qui s’en est plutôt bien sortie.Le nombre de réfugiés est aujourd’hui en très nette baisse par rapport à 2015, même si on a vu une nouvelle augmentation en 2019 ; la stratégie européenne, c’est maintenant de contenir l’arrivée des migrants avec l’aide des pays tiers : la Turquie, la Libye, qui sont loin d’être des modèles de démocratie. Plus de 10 000 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe, en traversant la Méditerranée. C’est souvent la société civile qui affrète des bateaux et qui pallie les manques des démocraties européennes ?Et lorsqu’ils arrivent enfin sur le sol européen, en France par exemple, parfois par le biais de relocalisation depuis l’Italie, la Grèce ou l’Espagne, l’urgence ce sont les démarches administratives et le logement.Le logement, c’est encore et toujours un défi, peut-être plus dans la capitale française qu’ailleurs. On écoute ce reportage de Marie Casadebaig, elle a rencontré une Syrienne réfugiée à Paris, Douha qui bataille toujours pour obtenir un logement décent.En France, en 2020, il y a encore des campements aux portes de Paris, en Seine- saint-Denis, des campements qui ressemblent terriblement à des bidonvilles surchargés, comme à Moria en Grèce.