La compagnie aérienne nationale sud-africaine redéploie ses ailes. Voilà 18 mois que ses avions étaient cloués au sol. Des années de mauvaise gestion ont plombé la South African Airways, trop fragile pour affronter la crise de l’aviation liée au Covid-19. Depuis, l’entreprise aux 5 000 employés a subi une procédure de sauvetage économique et elle s’apprête à être privatisée. Quel avenir pour celle qui fut la seconde plus grosse compagnie aérienne du continent ? 

Les clients sont de retour au comptoir d’enregistrement de la South African Airways. La compagnie s’est relancée le 23 septembre avec un premier vol Johannesburg-Le Cap. C’est également la destination de ces deux passagers attachés à l’entreprise.

« Chaque pays possède son propre transporteur et je pense que l’Afrique du Sud aussi doit avoir sa compagnie nationale, confie Alfred. On doit soutenir l’entreprise nationale et je ferai l’effort de voler en priorité avec la South African Airways. »

Pour Peter, « quand on voyage, c’est souvent avec la South African Airways parce que le service a toujours été de bonne qualité. On est tous contents de savoir que la compagnie est de retour, c’est une grosse pourvoyeuse d’emplois en Afrique du Sud. »
Une reprise des destinations régionales, les plus rentables pour la compagnie clouée au sol depuis mars 2020
Aujourd’hui, seuls six avions sont en service avec 88 pilotes contre 268 auparavant. Le nombre de routes a logiquement été revu à la baisse : six destinations contre 20 par le passé. Et c’est tout à fait raisonnable, estime Sean Mendis, consultant dans l’aviation : « Leur plus grande source de revenus provient des destinations régionales en Afrique australe. Donc ce n’est pas surprenant de les voir redémarrer avec les routes qui engendrent le plus de volume et d’argent, c’est-à-dire Harare, Lusaka, Maputo, Accra et Kinshasa. Et je pense que c’est une bonne stratégie : ils ont choisi le marché où ils ont le plus gros potentiel de réussite. ».
L’avenir de la compagnie nationale dépendra également de sa privatisation
Un accord tarde à voir le jour entre Takatso, un consortium d’entreprises locales déjà implanté sur le marché de l’aviation, et l’État sud-africain qui conserverait 49% des parts. Un équilibre qui convainc Lerato Nkosi, maître de conférence en économie à l’Unisa Graduate School of Business Leadership et spécialiste des entreprises publiques : « Ce qui me plaît, c’est la volonté de l’État de chercher un partenaire plutôt que d’insister pour monopoliser le contrôle. Et le partenaire n’aura qu’une courte majorité de 2%. C’est bien que l’État reste impliqué dans l’entreprise. Il ne faut pas oublier que les entreprises publiques sont un trésor national pour n’importe quel pays ou économie. »

En attendant, c’est donc l’État sud-africain qui est toujours propriétaire de la South African Airways. La vente pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. Ce qui n’empêche pas la compagnie aérienne d’aller de l’avant. Elle vient de signer un accord de coopération avec Kenya Airways dont l’ambition à terme est de créer un groupe panafricain.