L’interconnexion des capitales des onze pays qui composent la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) par les voies routières et ferroviaires est loin d’être réalisée, près de 40 ans après la création de cet ensemble. On estime à 2,2% le niveau des axes routiers bitumés dans cet espace où le niveau des échanges commerciaux laisse à désirer. Pour corriger ce tableau, le gouvernement congolais, le secrétariat. général de la CEEAC et la Banque africaine de développement (BAD) se proposent d’organiser une table ronde des investisseurs en mars prochain, afin de mobiliser des fonds en vue de financer au moins trois grands projets d’intégration.

« Nous nous rendons compte actuellement que nous accusons un retard, un déficit des infrastructures de transports, qu’ils soient routiers, qu’ils soient aériens ou fluviaux », tel est le diagnostic en termes de faible niveau de développement des infrastructures de transports dans la sous-région posé par Marie-Thérèse Mfoula, secrétaire général adjointe de la CEEAC. 

Pour sa part, Jean-Jacques Bouya, ministre congolais de l’aménagement du territoire en charge des grands travaux, reconnait que l’Afrique centrale a connu certes un grand retard dans le développement de ses infrastructures et doit booster l’interconnexion, mais il relève que cette situation est due en grande partie à la nature de la zone. 

« Construire une infrastructure en zone Afrique centrale, c’est très coûteux ; ce qui n’est peut-être pas le cas dans d’autres parties de l’Afrique. Ici, vous êtes en forêt équatoriale : il y a des endroits où il y a des forêts primaires, des forêts vierges comme on le dit souvent. Vous avez également des forêts inondées auxquelles il faut ajouter des montagnes. En ce qui concerne la construction des infrastructures de communication, vous êtes en réalité en terre hostile », décrit Jean-Jacques Bouya.

La CEEAC et la Banque africaine de développement sont d’avis que l’heure est arrivée pour réaliser tous les grands projets d’intégration. En mars prochain, les deux institutions ont prévu une table ronde d’investisseurs pour mobiliser au moins 2,5 millions d’euros (plus de 1 600 milliards de FCFA) afin de financer le pont-route-rail sur le fleuve Congo ou encore l’interconnexion de Brazzaville, Bangui et Ndjamena. 

« L’un des axes essentiels que la BAD encourage c’est le cofinancement (des projets). C’est pour cette raison qu’on organise la table-ronde. C’est pour que d’autres partenaires qui peuvent se joindre aux projets viennent autour de la table pour financer. Nous mettons un point d’honneur sur l’ensemble des projets que nous finançons, afin qu’il y ait une synergie pour que les financements dirigés vers l’Afrique aient beaucoup d’impact », analyse Sie Antoine-Marie Tioye, représentant de la BAD au Congo. 

Selon Sie Antoine-Marie Tioye, l’Afrique centrale a bien d’autres projets, en dehors des infrastructures, soutenus par la BAD. « Il y a des projets de développement de chaînes de valeur qui se déroulent en ce moment ; il y a des projets qui soutiennent le développement minier : c’est un ensemble d’engagement de la BAD (…). Du côté de la République démocratique du Congo il y a le projet Inga. Le barrage Inga III va bientôt être en chantier pour éclairer l’Afrique », annonce-t-il. 

L’ambition de la sous-région est de construire un réseau multimodal au service de la circulation des plusieurs millions de personnes et des biens.