L’Université Paris-Dauphine accueille 15 cadres des pays d’Afrique francophone et d’Haïti pour une formation de huit mois. Ces cadres évoluant dans divers secteurs économiques et financiers vont être complètement immergés dans le quotidien de la place financière de Paris, et développer leurs propres réseaux.

Transformer les marchés financiers en Afrique francophone et les emmener à un niveau supérieur, c’est d’abord l’affaire des cadres locaux. D’où l’idée de ce programme de formation sur la place financière de Paris, pour les aider à perfectionner leurs compétences. Cette formation a été financée par la Société financière internationale, la filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, en partenariat avec l’association Paris Europlace.

Il y a deux ans, le Bénin a levé pour la première fois des capitaux sur le marché international. « Le Bénin est vraiment dans la dynamique d’essayer d’avoir des financements de qualité : donc, maturité longue, taux réduit et diversifier aussi surtout son portefeuille, pour pouvoir avoir une dette soutenable, mais aussi être meilleur élève dans la zone, explique Sarah Kpenou, chargée d’études sur les questions de finances et dénationalisation des entreprises publiques au cabinet du ministère de l’Économie et des Finances. Et à ce titre, je suis là pour m’approprier encore plus les différents instruments de financement existants et disponibles sur le marché international. L’immersion ici sera super importante, mais il va falloir l’adapter aux problématiques et à la réalité de nos pays. »

Avec un retour au Bénin après huit mois de formation, pour contribuer au développement du marché local des capitaux.   

« J’attends de voir divers outils qui vont nous permettre de relever nos différents défis, entre autres l’accroissement de l’ordre des titres, parce qu’au niveau de la BRVM, nous avons 46 sociétés cotées, c’est peu. Il existe aujourd’hui diverses manières d’attirer les sociétés à la cote ; j’envisage donc de m’imprégner de l’expérience des places développées, notamment la place française », explique pour sa part Yves Alain Koffi Yoboua, directeur des études à la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan, la place financière des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.  
Une formation essentielle aujourd’hui pour les pays francophones qui manquent d’infrastructures
Karim Zinedine, directeur des études de Paris Europlace : « Pour développer les marchés des capitaux, il y a un constat qui est très clair. Il faut un savoir-faire, une bonne maîtrise des outils et des instruments. Pour mobiliser massivement des financements, il n’y a aucune autre solution que de passer par le marché des capitaux ou aller voir des investisseurs internationaux, et également développer ses propres marchés domestiques. »

Un échange de savoir-faire indispensable pour les cadres africains, confrontés souvent dans les négociations à l’appréciation et à l’apparence exagérées du risque. « En tant que praticien, en ce qui concerne le droit des affaires sur l’Afrique, nous essayons, quels que soient nos interlocuteurs, de lever, d’analyser, voire de disséquer, pour convaincre que l’on peut faire du business en Afrique comme partout ailleurs dans le monde », indique Cendrine Delivré, avocate associée du cabinet Asafo & Co.

La Société financière internationale espère que « cette première promotion des cadres des pays francophones sur la place de Paris ne sera pas la dernière », selon Couro Kane-Janus, assistante-trésorière de l’institution. La multiplication des cadres compétents en Afrique francophone étant une condition nécessaire pour le développement des marchés des capitaux locaux