Facebook et les pays francophones d’Afrique. L’engouement pour le réseau social américain y a été plus lent que dans les pays anglophones. Le siège parisien du groupe a organisé le 21 janvier un focus sur l’Afrique francophone.

Avec ce focus sur l’Afrique, le réseau social revendique son rôle dans l’éclosion de talents sur le continent, dans différents domaines, selon Kezia Anim-Addo, directrice de la communication de Facebook pour l’Afrique subsaharienne. « Nous voulons bâtir des collectivités et offrir des possibilités. Quand je voyage à travers le continent, j’entends des histoires étonnantes, des gens qui ont démarré une entreprise grâce à Instagram ou à Facebook ou encore des gens qui vendent aujourd’hui leurs produits hors de leurs pays, depuis le Sénégal par exemple. Pour moi, c’est ça Facebook », déclare Kezia Anim-Addo.

Au-delà de la frange de la population qui a accès aux outils numériques, il y a des femmes qui survivent en faisant de petits commerces de manière informelle, des jeunes qui veulent s’en sortir, mais qui n’ont pas de formation et comme d’autres acteurs, Facebook s’intéresse à eux.

« On a créé un programme qui s’appelle boost avec Facebook et l’idée c’était de former 10 000 entrepreneurs, des micro-entrepreneurs ou des TPE [Très petites entreprises] en Afrique subsaharienne et ça avance », assure Aïda Ndiaye, responsable des affaires publiques du groupe en Afrique francophone. Puis d'ajouter : « C’est un programme qui existe aujourd’hui dans 6 pays. C’est important aussi de travailler avec les gouvernements africains, pour essayer de les accompagner dans le développement de cet écosystème. On a besoin de bonnes lois, de bonnes régulations et de s’ouvrir au monde pour pouvoir faire développer les nouvelles technologies. »

« On peut créer notre African dream »

Un accompagnement notamment sur l’importance de la connectivité et d’un accès abordable pour tout le monde à l’internet, l’importance aussi de la sécurité des contenus et de la véracité du discours véhiculé, sachant que la formidable ouverture sur le monde que donnent les réseaux sociaux favorise la désinformation. Ces réseaux permettent aussi de changer l’image de l’Afrique, selon Chayet Chiénin, rédactrice et fondatrice de « Nothing but the wax », un média en ligne.

« Pendant très longtemps, on nous a gavés d’images d’Épinal sur l’Afrique de manière très négative : l’Afrique avec la guerre, l’Afrique avec la famine, etc. Et depuis plus d’une dizaine d’années, une génération de jeunes africains du continent et de la diaspora veulent tout simplement se réapproprier la narration », explique Chayet Chiénin. « Les réseaux sociaux ont donc permis ce changement narratif. Et donc ce changement d’image de l’Afrique. Il y a plein de comptes Instagram et Facebook qui permettent à une génération de jeunes de pouvoir se replonger dans leur histoire et de découvrir des images qu’ils ne connaissaient pas. Cette réappropriation de la narration a des impacts sur les imaginaires collectifs et aussi sur nous, jeunes, où finalement on se dit : c’est possible, on peut y arriver et on peut créer notre African dream. »

L’autre rêve de la blogeuse et fondatrice d’un média en ligne, c’est que des Africains puissent créer leurs propres réseaux sociaux, - à l’image de ce qu’ont fait les Chinois -, pour ne plus dépendre de Facebook.