Au Gabon, le trafic ferroviaire ne cesse de croître alors que le Transgabonais, l'unique chemin de fer du pays mis en service en 1986, devient vieillissant. Pour accélérer sa rénovation, le groupe français Eramet qui détenait 99% des actions de la Setrag, la société qui gère le Transgabonais, a accepté d’ouvrir le capital à Meridiam, un autre groupe français. Meridiam apporte l’argent frais pour atteindre l’objectif de transporter plus de marchandises et plus de passagers.

De notre correspondant à Libreville,

En 2019, la Setrag a transporté 6 millions de tonnes de marchandises. Libreville table sur 12 millions de tonnes en 2024, d’où la nécessité d’accélérer les travaux de rénovation de la voie engagée depuis plusieurs années. 

Loïse Tamalgo, délégué général du groupe français Eramet salue l’entrée de Meridiam dans le capital de la Setrag. « L’entrée de Meridiam a été motivée par le besoin d’insuffler une accélération dans les investissements déjà en cours, par un apport de capital de 30 millions d’euros, soit environ 20 milliards de francs CFA, et un fonds d’investissement à hauteur de 40 millions d’euros, soit environ 24 milliards de francs CFA. Il faut noter que Meridiam apporte également son expertise en matière de gestion ferroviaire, pour appuyer la montée en puissance de la Setrag et permettre de rattraper les besoins de transport qui évoluent très vite », fait-il valoir.    

Eramet via sa filiale gabonaise Comilog, la Compagnie minière de l’Ogooué, demeure l’actionnaire majoritaire de la Setrag avec 51% des parts. L’État gabonais aussi entre dans le capital avec 9%. « Le groupe Meridiam qui rentre avec 40% et qui apportera de l’argent frais à injecter permettra non seulement de doper les travaux, mais également de susciter d’autres entreprises adjudicataires et de créer des emplois », se réjouit également le ministre des Transports Brice Constant Paillat.

Les travaux à effectuer portent sur le remplacement des traverses en bois par des traverses en béton, la construction des voies de dégagement dans les gares et l’acquisition des rails plus robustes. Objectif : augmenter davantage la capacité de la voie, explique Loïse Tamalgo : « L’investissement apporté par le nouvel actionnaire permettrait de faire monter la capacité de 12 millions à 19 millions de tonnes à l’horizon 2035. Nous avons également l’ambition que le Transgabonais devienne un train de classe mondiale 4.0, capable de redynamiser l’économie gabonaise. »

Long de 648 km, le Transgabonais est devenu enjeu économique majeur alors que dans les années 1970, la Banque mondiale avait jugé sa construction non rentable.