Ayant instauré des mesures dès le mois de mars 2020 pour freiner les contaminations au Covid-19, le Gabon a allégé certaines d’entre elles à la fin du mois dernier (le 28 mai 2021), dont le confinement. Le couvre-feu, qui n’a jamais été levé, a été repoussé de 18h00 à 21h00. Fermés depuis un an, les bars et les restaurants qui n’ont pas de terrasse sont autorisés à ouvrir jusqu'à 20H30. Une longue période de restrictions, qui a affecté les petites et moyennes entreprises, ainsi que les très petites entreprises.

Patron d’un réceptif hôtelier installé il y a une vingtaine d’années sur La Pointe Denis en face de Libreville, Abad Engone dit avoir traversé le pire à partir de mars 2020.

« Ça a été très dur, je crois qu’on a fermé 6 mois. On en a profité pour faire l’entretien du site et là on reprend doucement. Nous sommes 70 personnes en tout, une partie était sur Libreville pendant la fermeture et une autre est restée sur le site. On a failli nous séparer d’une partie du personnel, mais nous avons essayés de nous battre et nous n’avons licencié personne », déclare Abad Engone.  
L'impact des restrictions de voyage
Habitué à recevoir une majorité d’expatriés et d’autres étrangers de passage à Libreville, Abad Engone assure que les restrictions de voyages causées par la pandémie ont changé la composition de sa clientèle. Les Gabonais fréquentent de plus en plus son établissement.

C’est le cas de Régis Ndong - il connaissait déjà La Pointe Denis grâce à sa profession d’architecte -, mais c’est seulement pour la 2ᵉ fois qu’il vient y passer un week-end. « Si j’ai opté pour ce choix, c’est parce que, avec la crise, on finit le boulot un peu plus tôt, on rentre à la maison et il n’y a pas de possibilité de s’amuser comme avant. La seule option qu’on a trouvé, c'est de venir ici, passer le week-end en famille et après repartir à Libreville revivre encore la situation de crise », raconte Régis.

Christopher Ogelet travaille depuis trois ans dans le réceptif hôtelier d’Abad Engone à La Pointe Denis. Comme d’autres collègues, il a mal vécu la longue période de restrictions décrétée pour limiter la propagation de la pandémie. « Difficile, vu qu’on passe la plupart de notre temps ici, donc c’était un peu compliqué de rompre avec le boulot et se retrouver avec notre famille. Sachant que financièrement on allait avoir un coût. Notre salaire a été réduit pendant les six mois de fermeture, il a été divisé par trois et on a tous accepté. Le plus important, c’était de régler d’abord le loyer et puis par la suite voir comment notre patron allait gérer ça… », explique Christopher.
De l'aide pour les très petites entreprises ?
Gérant d’une petite échoppe à Libreville, qui fait notamment des copies des clés, Paulin Fatokensi constate une lente reprise de son activité et avec elle les contrôles de son commerce. « Le contrôle a cessé, mais maintenant ils ont encore repris. On a commencé à faire les papiers, les patentes et puis aussi les papiers de la mairie affichés là. Mais on n’a rien reçu comme aide. C’est vrai que le propriétaire de notre boutique nous a laissé deux mois », s'inquiète Paulin.

Pas d’aide directe donc pour la très petite entreprise de Paulin Fatokensi, malgré la création d’un guichet de financement d’urgence des entreprises à hauteur de 225 milliards de francs CFA au bénéfice des petites et moyennes entreprises et des très petites entreprises.