Franck Riester, le ministre français en charge du Commerce extérieur et de l'Attractivité, a achevé sa tournée est-africaine à Nairobi. Objectif : resserrer les liens économiques entre la France et le Kenya et encourager la pénétration des entreprises françaises dans le pays, vu comme un marché prometteur. Aujourd’hui, 110 sociétés françaises y sont déjà présentes. Pour encourager le déploiement de plus d’entre elles, le ministre s’est déplacé avec une délégation de patrons français et de représentants du Medef, leur syndicat. En 48 heures, jeudi et vendredi, ils ont enchaîné les rencontres avec des entrepreneurs kényans.

De notre correspondante à Nairobi,

Lancement d’un club d’échange sur les pratiques agricoles, d’un autre autour des énergies renouvelables, signature d’un partenariat entre le Medef et son équivalent kényan…. Les initiatives se sont multipliées lors de la visite du ministre français à Nairobi. Un objectif pour Franck Riester : renforcer la relation entre les secteurs privés des deux pays.
Ce qui me frappe c’est l’envie des entreprises françaises de développer leurs affaires au Kenya. Je suis venu avec 40 entreprises qui ont fait le choix de m’accompagner parce qu’elles pensent qu’au Kenya il y a des opportunités d’affaires. Il y a beaucoup de choses à faire par exemple dans l’économie bleue, il y a beaucoup de choses à faire dans l’agriculture, dans les secteurs de la ville durable, de l’énergie, des transports mais aussi dans la tech, le tourisme… Ce sont en fait des secteurs dans lesquels la France a des expertises, des savoir-faire. Qu’elle a envie non seulement de partager mais d’enrichir des regards, des expériences des entreprises kényanes.Un échange de connaissance qui intéresse   
Du côté des patrons français, on cite aussi la place du Kenya comme hub économique en Afrique de l’Est, sa population grandissante ou encore son accès à l’océan Indien. 

Côté kényan, c’est l’échange de connaissances qui intéresse. Samuel Munguti est le fondateur de Shamba Pride, une start-up dans le domaine agricole. Pour lui, « cette coopération, c’est d’abord pouvoir avoir accès à des innovations développées en France notamment autour des intrants agricoles, comme les semences. La deuxième chose que je recherche, c’est le transfert de connaissances. Shamba Pride étant une start-up, nous avons particulièrement besoin d’acquérir des bonnes pratiques en gestion. Pour mieux nous développer et devenir une entreprise agricole mondialement connue. » 
Renforcer les liens franco-kényans
La Kepsa, l’union des patrons kényans, voit encore plus loin pour ce partenariat. Timothy Odongo est l’un de ses représentants. Selon lui, « les deux pays peuvent grandement bénéficier de l’un et de l’autre. Si on regarde par exemple, en termes d’investissement direct étranger, la France est en cinquième position au Kenya. Puis, il y a beaucoup de choses que nous pouvons explorer en France. Le transfert de savoir-faire est la clé, certes. Mais il y a aussi pour les Kényans des opportunités d’accès à de nouveaux marchés. Ce qui présente toujours des avantages, ça peut ouvrir de nouvelles portes, donner accès à d’autres compétences ou à des innovations... » 

Entre échanges de savoir-faire, financements ou nouveaux marchés, les possibilités ne manquent donc pas pour renforcer ces liens franco-kényans. Au sein des deux pays, les entreprises semblent en tout cas y voir une opportunité pour développer leurs affaires.