Le monde entier s'y met peu à peu. La 5G se déploie en Asie, en Europe, en Amérique. Et en Afrique ? Là, les opérateurs et les Etats prennent leur temps. Pour l'instant, les rares pays qui disposent d'une offre commerciale 5G visent surtout les entreprises et les administrations.

À Lomé, le 27 novembre dernier, l’opérateur Togocell a frappé un grand coup annonçant la première offre commerciale 5G en Afrique de l’Ouest. « Une 5G commerciale, effectivement, mais c’est une 5G tournée business dans un premier temps, c’est-à-dire pour les institutions, pour l’administration et les grandes entreprises », explique Lionel Tsoto, directeur de la communication de Togocom, la maison mère de Togocell. « On a voulu se concentrer sur l’offre B to B, corporate. Après, il est vrai que nous avons une pression du grand public, qui est en attente d’une offre, mais chaque chose en son temps. » 

En Afrique du Sud, pays où trois opérateurs proposent des offres 5G, là aussi les entreprises sont les premières servies. « Ce sont davantage les banques qui sont les clientes. On en compte 500 à 600 pour l’instant. Donc ce n’est pas une technologie utilisée par le grand public, mais plutôt par des institutions qui veulent être à l’avant-garde », déclare Beaugas Orain Djoyum, fondateur du cabinet de veille stratégique spécialisé nouvelles technologies, ICT Média Stratégie.  

Le grand public africain risque de devoir attendre longtemps, si l’on en croit les analystes. « Les chiffres de la GSMA qui est l’association mondiale des opérateurs télécoms prédisent qu’en 2025, il y a aura seulement 3% des abonnés mobiles de l’Afrique qui seront connectés à la 5G », ajoute Beaugas Orain Djoyum.
Les raisons de la lente arrivée de la 5G en Afrique
Plusieurs facteurs expliquent cette lente pénétration. D’abord, la technologie est coûteuse, d’autre part, la 5G est surtout utile pour ce que l’on appelle l’internet des objets ou la conduite autonome, des technologies qui ne sont pas encore utilisées en Afrique. Il n’y a donc pas d’urgence à proposer des abonnements.

Cependant, la 5G va aussi permettre de désengorger des réseaux mobiles saturés, notamment dans les zones densément peuplées. À Dakar, la Sonatel a donc lancé des tests en 5G. « Notre ambition est, d’ici fin 2022, d’être en mesure d’introduire cette technologie », dit Sekou Dramé DG de la Sonatel. Puis d'ajouter : « Il y aura beaucoup de travail nécessaire sur la mise à niveau de notre réseau, sur des investissements à faire, sur le plan de formation et de montée en compétence des équipes. Sous réserve bien sûr que les autorités mettent en place le cadre nécessaire, en termes de disponibilité des fréquences et d’autorisations. Les conditions d’accès aux ressources spectrales seront déterminantes pour la rapidité du déploiement de cette technologie. » 

En d’autres termes, la Sonatel attend de savoir quel sera le prix à payer pour les fréquences 5G. Une question centrale, d’autant que des pays comme le Sénégal ou le Togo ambitionnent d’accélérer leur transformation numérique. L’administration togolaise par exemple s’annonce comme un gros consommateur de 5G.