Les ministres de l'économie de la CEMAC, la zone économique d'Afrique centrale étaient réunis la semaine dernière pour se pencher sur la meilleure façon de relancer la zone après la crise engendrée par l'épidémie de Covid-19. Le Programme de réformes économiques et financières (Pref) des six pays membres de la Communauté doit faire davantage la part belle aux investissements, notamment dans le secteur de la santé, selon ces ministres. Ils réclament le soutien des bailleurs de fonds comme après la crise pétrolière de 2014.

Les économies de la sous-région se sont effondrées à partir de 2014 à cause de la chute brutale des cours du pétrole. Suite aux accords signés avec le FMI, elles semblaient se relever peu avant l’apparition des cas du Coronavirus au début de cette année, selon les indicateurs présentés par le professeur Michel-Cyr Djiena Wembou, secrétaire permanent du Programme des réformes économiques et financières (Pref) de la CEMAC.

« On peut retenir qu’après la très forte crise économique de 2014, les États ont réagi énergiquement. Les États ont engagé des réformes qui ont commencé à produire des fruits : on en était déjà à 2,8% de taux de croissance et on espérait 3,2% », se souvient-il.

La crise du Coronavirus a non seulement plombé de nouveau ces économies, mais a aussi et surtout mis à nu leurs insuffisances et limites.

« Ça nous a montré que nous ne fabriquons pas nos produits médicaux ; nous ne fabriquons même pas les produits légers et les équipements de nos hôpitaux. Nous ne formons pas suffisamment le personnel médical. Et, plus grave encore, ce personnel médical n’est pas recyclé et il n’est pas bien payé. Donc, il faut un nouveau paradigme », a démontré le Pr Djiena Wembou.

Le besoin de les relancer urge et les différents ministres en charge de piloter le PREF-CEMAC misent sur des secteurs présentés par le professeur Michel-Cyr Djiena Wembou qui a indiqué :

« Le secteur privé, il faut désormais le mettre au centre de la croissance en développant l’esprit d’entrepreneuriat, en finançant pour une fois les transformations locales. »

Et à Gilbert Ondongo, ministre congolais d’État, ministre de l’Economie d’ajouter :

« Si on peut avoir une chaîne de valeur proprement d’Afrique centrale avec des segments de valeur dans chaque pays, ce serait une très bonne chose. Nous avons dit aussi qu’en matière de développement humain, puisque nous accusons un grand retard, il est souhaitable de faire une grande université d’Afrique centrale avec des spécialités dans chaque pays. »

Les derniers programmes conclus avec le FMI arrivent à leur terme dans certains pays. Les prochains, dits de deuxième génération, mettront l’accent sur le développement.

« Les programmes de première génération ont traité essentiellement des questions budgétaires et monétaires. Maintenant, nous voulons mettre l’accent sur des questions de développement et de croissance », a expliqué M. Ondongo.

Les accords de première génération avec le FMI ont permis, tant soit peu, d’assurer une gestion rigoureuse des finances publiques, mais les investissements ont quelque peu été oubliés, analysent les experts de la CEMAC.