La Banque mondiale vient d’annoncer le financement des petites et moyennes entreprises en RDC, pour un montant de 100 millions des dollars. L’impact projeté de ce financement, c’est la création de 9 000 emplois, dont 4 000 femmes formées en entrepreneuriat. 3 000 nouvelles PME devraient émarger à travers le pays.

À travers ce projet, le gouvernement congolais entend lutter contre la pauvreté, en diversifiant l’économie du pays, qui reste encore dépendante du secteur minier.

Le financement de la Banque mondiale suscite l’espoir pour les PME déjà existantes en RDC, comme Jina Mbuyi, responsable d’un atelier de menuiserie. Avec un capital de près de mille dollars, elle n’arrive pas à développer son activité. Elle attend donc un coup de pouce. « Nous avons des difficultés à accéder au financement dans notre pays. Nous travaillons avec nos propres moyens. Si j’ai un financement, je peux étendre mes activités, recruter du personnel et payer les salaires. »

Edwidge Beya, chef de l’entreprise Ed Bisness, œuvre dans la filière agro- pastorale. Pour elle, les femmes ont peu de facilités d’accès au financement. « Vous ne pouvez pas bénéficier [de financements] parce que vous n’êtes pas très fortes. Les hommes sont là, ils se tapent la part du lion. Maintenant, comme on dit que c’est un projet essentiellement pour les femmes et les jeunes, nous espérons que nous allons être sélectionnées et obtenir le financement. »

Cent mille dollars seront rapidement débloqués pour un projet pilote, avec notamment la formation des entrepreneurs. Parmi les quelque 500 entreprises qui seront sélectionnées, les femmes et les jeunes seront prioritaires. Le projet vise également des réformes institutionnelles en vue de l’amélioration du climat des affaires.

Justin Kalumba, ministre congolais des PME, s’attend à une réduction de l’importation des produits de première nécessité : « J’aimerais voir sur le marché congolais des produits qui ont été conçus et fabriqués par ces entrepreneurs qui vont être soutenus aujourd’hui. Si on me dit que le jus que nous allons consommer d’ici deux, trois ans est made in DRC, je serai l’homme le plus heureux. Si je vais au-delà de l’Afrique et retrouver ce jus aux États-Unis en Europe, en Asie, je serais encore plus heureux et nous aurons gagné de l’espace. »

Le projet prévoit enfin la création de quatre centres qui regroupent chacun 120 PME. Ils seront installés à côté des sociétés plus importantes, pour servir de relais entre ces grandes entreprises et les PME.