L'Afrique du Sud veut développer son industrie du cannabis. Pour l’instant, seuls une vingtaine de permis ont été attribués dans le pays pour cultiver et vendre du cannabis à usage thérapeutique. Et un seul permis complet a été octroyé à une entreprise locale pour aller plus loin, en transformant et conditionnant des produits à base de THC (la molécule aux effets psychotropes), toujours à usage thérapeutique. 

C’est au cœur d’une zone industrielle, dans un bâtiment entièrement neuf et sécurisé, que Gabriel Theron a installé sa start-up. Il faut revêtir blouse et charlotte pour pouvoir pénétrer dans la chambre de pousse. « Sur ce rang du milieu, nous avons les plantes mères. On extrait des boutures que l’on cultive en aéroponie, hors sol. Et en 10 jours, les racines poussent. C’est le stade végétatif. Ensuite, les plantes pourront commencer à fleurir. Elles passeront environ 2 mois dans la salle de floraison, jusqu’à la récolte », détaille-t-il.

Cilo Cybin a l’autorisation de cultiver ce cannabis à forte teneur en THC, depuis 2020. Et désormais, elle a aussi le droit de commercialiser des produits dérivés, pour usage médical. Des huiles, ou encore des produits pour cigarettes électroniques, qui seront conçus dans le laboratoire, sous l’œil du pharmacien Werner Du Toit : « C’est toute une science que l’on n’apprend pas lors de nos études classiques en pharmacie. Cela permet de s’ouvrir à ce qui se développe en ce moment, et aux possibilités pour le futur. »

L’entreprise entend bientôt se lancer en bourse, en Afrique du Sud, et à l’étranger. Gabriel Theron compte sur son permis pour conquérir des marchés à l’international, comme le Brésil, l’Australie, ou encore la Suisse.

« On peut désormais faire des partenariats avec d’autres marques. Les marques américaines, par exemple, ne peuvent pas vendre leurs produits – même d’un État où c’est légal à un autre – s’ils contiennent du THC ou sont dérivés du cannabis. Elles ne peuvent donc pas exporter. Mais nous pouvons les aider, en devenant leur fabricant et leur distributeur à l’échelle mondiale. On a déjà signé plusieurs contrats comme ceux-là », indique-t-il.

Des ambitions encouragées par le gouvernement. Car à l’image du Lesotho voisin, et d’autres pays du continent, l’Afrique du Sud est attirée par l’or vert et ses promesses de revenus. Dans la présentation d’un plan directeur devant le Parlement, Thabo Ramashala, du ministère de l’Agriculture, n’exclut pas un jour la commercialisation pour des fins récréatives : « Selon les estimations, l’industrie représente ici plus d’un milliard et demi d’euros, et pourrait créer entre 10 000 et 25 000 emplois. Pour l’usage récréatif, pour l’instant, il y a plusieurs problèmes auxquels il faut réfléchir, mais c’est une phase qui pourrait venir plus tard, après les autres. »

Le gouvernement souhaite même créer des formations afin de développer les compétences requises pour cette industrie balbutiante. « Selon les estimations, l’industrie représente ici plus d’un milliard et demi d’euros, et pourrait créer entre 10 000 et 25 000 emplois, rapporte Thabo Ramashala. Pour l’usage récréatif, pour l’instant, il y a plusieurs problèmes auxquels il faut réfléchir, mais c’est une phase qui pourrait venir plus tard, après les autres. »

Le gouvernement souhaite même créer des formations afin de développer les compétences requises pour cette industrie balbutiante.