Au Rwanda, une jeune femme s’est donnée pour mission de favoriser un accès simple, abordable et durable à l’eau potable pour tous. Christelle Kwizera est la fondatrice de l’entreprise sociale Water Access Rwanda, qui approvisionne plus de 70 000 personnes en eau chaque jour, chez eux ou grâce à des points d’eau publics. Samedi 19 décembre 2020, elle a remporté le prix Cisco Youth Leadership du Global Citizen Prize, qui récompense une personne âgée de 18 à 30 ans qui a contribué de manière significative à la lutte contre la pauvreté et ses causes systémiques. 

« Voilà ! Ce n’est pas de l’utopie, c’est de la réalité. Nous avons de l’eau », dit Jacques Habimana. Depuis un an, sa maison, située dans une banlieue de Kigali, est reliée au réseau d’eau Inuma de l’entreprise Water Access. Plus besoin pour lui et sa famille d’utiliser l’eau de la source la plus proche : « Mes enfants étaient souvent malades. Ils faisaient la diarrhée, des vomissements... Mais depuis qu’Inhuma est venu, il n’y a plus de problème. »

Aujourd’hui, Jacques Habimana paye environ 8 euros par mois, avec un système de compteur prépayé. C’est moitié moins que ce qu’il déboursait pour qu’on lui ramène de l’eau de la source. 

Un peu plus bas au pied de la colline, des enfants disposent des bidons devant un petit kiosque bleu ; un point d’eau public de Water Access. Le litre y est à moins d’un centime d’euro. Christian Hirwa, directeur technique de l’entreprise : « Ce kiosque fonctionne à l’électricité. Il a un système de filtration. Ici, nous avons foré notre premier puits à 20 mètres. Nous avons trouvé de l’eau à douze mètres. »

Depuis 2014, Water Access a installé 24 mini-réseaux d’eau autour de kiosques comme celui-ci dans tout le Rwanda et compte maintenant 71 000 bénéficiaires. Christelle Kwizera, fondatrice de l’entreprise : « Cette technologie est dans le secteur depuis plusieurs années. L’innovation qu’on amène, c’est le fait de mettre ça en mini-réseau et d’utiliser les compteurs prépayés. Nous, on veut faire un modèle qui soit viable pour les financements privés. Si on peut dégager des profits, on pourra attirer plus d’investissements dans le secteur de l’eau, qui n’en reçoit pas beaucoup actuellement. Au Rwanda, il y a 22% de personnes qui ont accès à l'eau d'une manière peu convenable, dans des points qui ne sont pas propres. Et seuls 13% des Rwandais ont de l'eau à la maison. Donc la demande est très grande. »

Selon Christelle Kwizera, il faut compter entre deux et quatre ans pour qu’un mini-réseau devienne rentable. En attendant, l’entreprise compte sur des investissements privés et des donations. Elle a reçu plus de 700 000 dollars en 2020.