Les femmes entrepreneures des pays de la région des Grands Lacs s’engagent pour la promotion d’une économie plus verte. Elles viennent du Rwanda, du Burundi et de la RDC. En effet, ces entrepreneures ont présenté quelques-unes de leurs initiatives le mois dernier à Lubumbashi lors de la rencontre de la plateforme des villes francophones sur l’égalité et le changement climatique.

De notre correspondante à Lubumbashi,

Au Burundi, près de 90% des femmes travaillent dans l’agriculture, selon la FAO. Elles produisent des haricots, des pommes de terre, du maïs. Ces dernières années, le Burundi est victime d'inondations et de glissement de terrain. Pour faire face à ces catastrophes dues au changement climatique, les agricultrices ont développé certaines techniques.

« Maintenant, vous pouvez voir sur toutes les collines des haies anti-érosives. Les femmes font des courbes de niveau. Tout cela vise à atténuer les effets des aléas climatiques qui provoquent des glissements de terrain », explique Anonciata Senda Zirasa, représentante des femmes burundaises à la rencontre de Lubumbashi.

Au sud de la RDC, à Lubumbashi, les femmes entrepreneures se sont aussi tournées vers l’économie verte. C’est le cas d’Aimerance Nzuzi, responsable de l’entreprise Aimy Busness. Elle produit du charbon écologique à base de déchets ménagers. Elle contribue ainsi à la protection de la forêt.

« Pour répondre par exemple aux besoins de 200 ménages en charbon, il faut couper au moins 2 000 arbres. Et si nous, Aimy Busness, nous pouvons fournir du charbon écologique à 200 ménages, nous allons protéger 2 000 arbres. C’est vrai que ça ne va pas arrêter la coupe excessive du bois, mais ça va diminuer ».

Marie Claire Yaya, elle aussi congolaise, dirige la Ferme LUGO spécialisée dans l’agrotransformation et la sensibilisation aux questions écologiques. « Moi, j’ai initié carrément un centre pour apprendre aux gens comment développer une agriculture durable, comment combiner l’agroforesterie et les autres cultures pour que la communauté puisse se retrouver économiquement, financièrement tout en faisant le stock de carbone dont la nature a besoin afin de préserver l’environnement »

Préserver l’environnement passe également par une bonne gestion des ordures, source de pollution. Depuis deux ans, l’entreprise Exact Congo s’est engagée dans ce secteur. « Dans la commune de Kamalondo, nous avons ciblé 600 ménages. Ensuite, nous les avons formés sur le tri des déchets et nous avons remis à chaque ménage trois sacs-poubelles, détaille Elvire Nseya, directrice d’Exact Congo. Aussi, nous avons initié des femmes à la transformation des déchets dégradables en engrais bio et à des procédures d’incinération d’autres déchets. »

Les femmes de la région des Grands Lacs ne manquent ni d’idées ni d’énergie pour faire avancer la cause de l’environnement dans une zone où les problèmes écologiques ne cessent de s’aggraver.