Après seize ans à la tête de l’Allemagne, Angela Merkel s’apprête à quitter le pouvoir. Elle ne sera pas candidate aux élections de septembre 2021 pour un cinquième mandat. Elle aura égalé la longévité d’Helmut Kohl mais à l’inverse du «chancelier de la réunification», elle partira avec une étonnante cote de popularité. Peu charismatique, hyper pragmatique, lente lorsqu’il s’agit de prendre une décision, la Chancelière a su s’imposer en Allemagne, en Europe, et sur la scène internationale.

Son exercice du pouvoir a été marqué par ses origines. Angela Merkel est une protestante venue de l’Est imprégnée de modestie et d’une morale rigoureuse qui a gagné le cœur des Allemands qui l’ont baptisé «Mutti».

Ce n’est que dans les deux dernières années de son dernier mandat qu’elle s’est révélée une grande Européenne en dérogeant au sacro-saint dogme allemand d’un emprunt européen pourvoyeur d’une dette commune aux 27.

Paradoxalement, Angela Merkel part en laissant son parti affaibli. Si une femme succède à Angela Merkel, elle ne viendra pas de la CDU mais des Verts qui ont le vent en poupe dans les sondages.

Quelle trace laissera-t-elle dans l’histoire ? Celle d’une gestionnaire de crises au bénéfice de l’économie allemande ? Celle d’une Européenne tardivement convaincue ? Ou celle du fameux «wir schaffen das» … nous y arriverons ? Lorsqu’en 2015, elle a ouvert les portes à 1 million de réfugiés.  

 

Avec : 

  • Marion Van Renterghem, journaliste. Son dernier livre « C’était Merkel », éditions des Arènes. Son compte Twitter: ici.

  • Jens Althoff,  directeur du Bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll.En ligne de Berlin. Plus d’infos : ici

 - Pascal Thibaut, correspondant de RFI en Allemagne. En ligne de Berlin. Son site : ici

  • Niklas Mönch, étudiant en journalisme. Son compte Twitter : ici. 

 Avec Sasha Mitchell de Courrier International.