Premier producteur de café et exportateur mondiale, le Brésil envisage une baisse conséquente de sa récolte pour cette année.

Le pays prévoit une chute de plus de 20 % de sa récolte par rapport à celle 2018. Deux phénomènes météo sont en cause : le manque de pluies et les températures élevées entre décembre et janvier. Il y a le cycle biennal de la variété arabica, qui représente plus deux tiers du café produit au Brésil. Les plants de cette variété suivent naturellement un cycle végétatif biennal : une année de grande floraison ce qui permet une meilleure productivité, et une année de floraison moins intense. C’est le cas en 2019.

Face à cette prévision de baisse, les marchés ont réagi dès la semaine dernière, avant même la publication des chiffres par la Compagnie nationale d’approvisionnement du Brésil. Les cours ont rebondi sur les marchés de New York et Londres, les deux plus importantes bourses du café au monde. Mais cette éclaircie n’est qu’une lueur d’espoir pour les caféiculteurs qui souffrent de l’effondrement des prix depuis le début de l’année à cause de la dévaluation du real brésilien par rapport au dollar. Les matières premières agricoles sont échangées en grande partie en billet vert.

La baisse de la devise brésilienne stimule les exportations du pays contribuant ainsi à engorger davantage le marché mondial et à faire chuter les prix du café. Une situation qui a asphyxié les petits producteurs dans des pays comme la Colombie et le Nicaragua. Certains caféiculteurs vendent leur café en dessous du prix de production. La hausse de la mondiale profite aux grands producteurs, aux torréfacteurs et aux distributeurs.