Le géant suisse du négoce et des mines Glencore améliore son offre sur un gisement australien de charbon de haute teneur en Australie, en espérant prendre de vitesse l’acquéreur concurrent chinois.
Glencore tient décidément au gisement de charbon de Hunter Valley en Australie. Le géant suisse du négoce et des mines vient d’améliorer son offre à l’Australien Rio Tinto : 2,675 milliards de dollars, c’est désormais 225 millions de dollars de plus que l’offre du rival chinois Yancoal, choisi mardi dernier par Rio Tinto.
Glencore propose également à Rio Tinto de lui verser son paiement en une fois, de lui permettre de profiter des revenus du gisement jusqu’à ce qu’à la fin et de lui octroyer une caution non récupérable au cas où l’opération ne recevrait pas l’approbation de toutes les autorités de régulation. Pour l’instant, seul le Japon a donné son feu vert, c’est le principal client du charbon de ce gisement australien.
L’entêtement de Glencore peut étonner, le charbon n’est pas la matière première la plus en vogue à l’heure actuelle. Mais le gisement australien de Rio Tinto contient un charbon de haute teneur, qui plus est mitoyen d’un autre gisement que Glencore possède déjà. Le géant suisse espère ainsi faire des économies d’échelle et mélanger les minerais de charbon pour en tirer le plus de revenus possibles, selon les besoins de ses clients.
Ne pas froisser la Chine
Le groupe chinois Yancoal convoitait lui aussi le gisement de Hunter Valley pour avoir dans son portefeuille un actif de qualité, et pouvoir revaloriser son action. C’est un groupe chinois endetté, tout comme l’un de ses actionnaires, le négociant hongkongais Noble. Ce groupe Yancoal, soutenu par l’Etat chinois, était le candidat naturel de Rio Tinto pour plusieurs raisons : Rio Tinto dépend aujourd’hui de l'actionnaire chinois Chinalco, le numéro un chinois de l’aluminium. Par ailleurs, Rio Tinto a pour client principal, en particulier pour son minerai de fer, la Chine.
L’Australien Rio Tinto est donc dans une situation délicate : il ne peut plus légalement refuser l’offre du groupe suisse Glencore, et à moins que le chinois Yancoal ne réussisse à renchérir grâce à une augmentation de capital, Rio Tinto risque bien de vexer la Chine, son principal financeur et client.