La tonne de blé meunier a atteint plus de 167 euros en séance à la bourse de Paris, la semaine dernière. Le marché du blé français se tasse, toujours affecté par les prix russes. Mais dans les semaines à venir, la situation pourrait changer.
Face à la concurrence des blés argentins, américains, mais surtout face à l’explosion du blé russe - plus de 70 millions de tonnes produites cette année -, la France a perdu du terrain. Ses parts de marché ont reculé, au Maghreb et en Afrique. Au Sénégal et au Cameroun, par exemple, la France avait 80% du marché. Cette année, sa part est tombée à 30%, contre 50% pour la Russie.
Mais l’hiver qui arrive pourrait offrir une fenêtre de tir aux exportateurs français, pour des raisons logistiques. Si l’hiver est intense, les Russes auront des difficultés pour convoyer leurs grains. L’acheminement des céréales est, en effet, très dépendant des conditions météorologiques : les voies navigables du Danube gèlent très souvent, en hiver, ce qui les rend impraticables.
La logistique pourrait donc jouer en faveur du blé français, la qualité des grains également. Les céréales récoltées, cette année, sont de très bonne qualité. Plus de 70% des blés tendres affichaient un taux de protéines supérieur à 12%. Les clients étrangers apprécient, également, la régularité des lots français. Un blé réputé pour sa constance, ou encore son niveau sanitaire.
L’autre élément qui pourrait jouer en faveur des Français, c’est l’euro. La monnaie unique est presque à parité avec le dollar, ce qui va favoriser les exportations. L’Algérie qui avait largement délaissé le blé français, suite à la mauvaise récolte de 2016, a commencé à se réapprovisionner en France. Alger a acheté pour livraisons, pour janvier, six cent soixante mille tonnes de blé. Et le Maroc pourrait suivre la tendance.