Les éleveurs bovins hexagonaux ont beaucoup de sources d'inquiétude mais ils comptent sur l'essor des exportations et notamment la réouverture du marché turc au bœuf français.
Le bœuf français pourrait reprendre la route de la Turquie prochainement, enfin une source de satisfaction pour cette filière par ailleurs très inquiète. Le revenu des éleveurs est insuffisant depuis deux ans (15 000 euros annuels), la consommation française continue de chuter (-2,3 % en 2014) et l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis pourrait signifier un afflux de viande américaine en Europe.
Mais la profession se réjouit de quelques avancées : l'obligation de mentionner l'origine du bœuf, « né, élevé, abattu et transformé », a été votée au Parlement européen, elle pourrait doper la consommation de viande française. Surtout les exportations repartent. Traditionnellement, la France exporte surtout du bétail sur pied dans le reste de l'Union européenne, en Italie, en Espagne et en Grèce. Mais le grand export décolle, y compris pour la viande : le Japon, Singapour et Dubaï se sont ouverts au bœuf français. L'Egypte vient de le faire, l'Algérie et la Tunisie sont en pourparlers. En Afrique de l'Ouest, le Gabon, le Ghana et la Côte d'Ivoire musclent leurs achats, y compris de viande haut de gamme.
Et un marché décisif devrait bientôt rouvrir ses frontières : la Turquie, grand pays de consommation de bœuf de qualité, et porte d'entrée de l'Iran et de l'Irak. Il y a deux ans, les autorités turques avaient stoppé net ce commerce pour protéger la filière bovine locale, en instaurant une taxe de 100 % sur le bétail importé. Mais avec la hausse des prix du bœuf turc, les exportations françaises sont redevenues compétitives pour le bétail sur pied. Et bientôt la viande, dès que les fonctionnaires turcs auront repris les inspections des abattoirs français.