Samedi et dimanche prochains, le Premier ministre indien Narendra Modi effectue sa première visite en Arabie saoudite. Un fournisseur de pétrole de plus en plus intéressé par le marché indien, l'un des seuls en forte croissance.
L'Inde est une des économies les plus dynamiques au monde aujourd'hui, un marché inespéré pour le pétrole saoudien. A l'heure où le baril vaut 60% moins cher qu'en 2014, conserver voire augmenter ses parts du marché mondial est crucial pour l'Arabie saoudite, qui a refusé de baisser sa production en solo.
Mais la concurrence est rude. Les pétroles d'Angola et du Nigeria ont ravi d'énormes parts de marché au pétrole saoudien en Afrique du Sud, où il était largement majoritaire il y a encore deux ans. La part de marché saoudienne a également chuté en Corée du Sud, à Taiwan et en Chine, ses autres principaux clients, face au pétrole russe.

En revanche depuis deux ans, le pétrole saoudien a progressé en Inde (18 à 19,7%). C'était bien sûr avant le retour de l'Iran sur le marché pétrolier. Mais la chance de l'Arabie saoudite, ce sont les immenses besoins d'investissements de l'Inde. Et sa soif insatiable de pétrole. Troisième importateur de brut au monde, l'Inde a absorbé un sixième de la consommation supplémentaire de pétrole dans le monde l'an dernier.
 
La consommation indienne d'essence en particulier connaît une croissance invraisemblable, 12% l'an dernier, elle a doublé depuis 2009 et devrait passer de 500 000 à 800 000 barils par jour dans cinq ans. Il est vrai que 230 000 nouveaux véhicules apparaissent sur les routes indiennes... tous les mois. L'Arabie saoudite lorgne donc le secteur indien du raffinage, pour garantir ses débouchés pétroliers, mais Saudi Aramco souhaite aussi exporter des carburants vers le géant asiatique.
 
L'Inde qui garantit ses approvisionnements en investissant dans les gisements en Russie. Mais en proposant aussi à ses fournisseurs du Golfe de stocker leur pétrole sur le sol indien, même s'ils désirent ensuite le revendre ailleurs. C'est ce que New Delhi a déjà offert aux Émirats arabes unis, en échange d'une fourniture de céréales. Un troc tout à fait imaginable avec l'Arabie saoudite.