A l’issue d’une année 2015 encore difficile pour l’agriculture française, le Conseil d’analyse économique lance des pistes pour concilier, dans les politiques publiques, le revenu des agriculteurs, la compétitivité et l'environnement.
Quelles politiques publiques pour l’agriculture française ? Les agriculteurs français reçoivent au total plus de 10 milliards d'euros de fonds publics, sans résultats probants. Le revenu des agriculteurs décline, en particulier dans l'élevage, la performance à l'export se dégrade ; quant au bilan environnemental, il est alarmant, juge le Conseil d'analyse économique : la perte d'insectes pollinisateurs, l'érosion des sols et la pollution des eaux menacent l'agriculture et d'autres secteurs, comme le tourisme.
En France les aides sont trop indifférenciées pour être efficaces, estiment les experts, les paiements verts de la PAC vont à presque tous les agriculteurs sans grand changement de pratique, mieux vaudrait rémunérer directement les services rendus par les agriculteurs, comme le maintien de la biodiversité ou un paysage ouvert en altitude; il s'agit souvent de petites exploitations fragiles de montagne, l'objectif social des aides publiques à l'agriculture serait rempli. En cas de baisse des cours, le CAE propose de systématiser le report du paiement des impôts et des charges des agriculteurs, ce qui leur permettrait de mieux affronter les fluctuations de prix, avec un coût moindre pour les finances publiques.
 
Comment rendre un peu de compétitivité aux exploitations ? Le coût du travail et la réglementation ne sont pas seules responsables, estime le CAE, qui préconise de faciliter leur agrandissement ou leur regroupement, ce qui permettrait d'étendre les nouvelles technologies de précision très économes en engrais ou l'automatisation dans les élevages. Mieux former les agriculteurs, tout au long de leur carrière, est un impératif, tout comme relancer la recherche publique en génétique animale et végétale, une recherche abandonnée au privé à cause des polémiques sur les OGM.
 
Enfin pour regagner des parts de marché à l'export, la France ne doit pas compter que sur ses labels et appellations d'origine, difficilement lisibles à l'étranger, ils resteront un marché de niche, mais plutôt mettre en avant et maintenir la qualité sanitaire et la traçabilité de ses produits agricoles, pour viser la consommation moyenne de gamme à l'étranger, les Etats-Unis et la Chine sont demandeurs de viande sans promoteurs de croissance ni trop d'antibiotiques.