Que ce soit par la faiblesse de la protection que leur offrent les règles de droit nationales, ou régionales dans le cas de l’UEMOA, ou par l’agressivité des multinationales, les consommateurs africains sont en position de faiblesse dans le monde économique moderne.

Dans un ouvrage qu’il vient de publier aux éditions L'Harmattan, intitulé « Protection juridique du consommateur d'aliments et libéralisme économique dans les pays en développement, l'exemple du Mali », le juriste malien Alhousseinie Diabaté dit tout son scepticisme face aux garanties que la mondialisation a pu apporter aux consommateurs des pays en développement dans les domaines fonciers et alimentaires.

Alhousseinie Diabaté est enseignant-chercheur à la Faculté de Droit Privé de l'Université des sciences juridiques et politiques de Bamako. Il y est responsable des masters de droit foncier et agroalimentaires et de droit économique. En ce moment, en résidence à l’Institut d’Études Avancées de Nantes, il est le grand invité de l’Économie RFI Jeune Afrique.

 

1 / Alhousseinie Diabaté s’intéresse au droit de la consommation, c'est-à-dire à la protection des consommateurs. Celle-ci est assez faible au Sénégal, si on en croit Momar Ndao, président de l'association des consommateurs du pays. Il dirige aussi le réseau des associations de consommateurs de l'UEMOA. Et il est au micro de William de Lesseux.

2 / Selon Alhousseinie Diabaté, les règles issues de la mondialisation nuisent à la sécurité alimentaire. À Madagascar, c'est aussi l'avis d'Abel Randrianarivo, vice-président de la plateforme nationale SIF (Solidarité des Interventions sur le Foncier) et membre de l’ONG Fiantsoa qui œuvre particulièrement sur les questions de sécurisation alimentaire traditionnelle. Abel vit dans le centre-sud du pays, à Fianarantsoa dans une zone particulièrement convoitée par les multinationales de l'agroalimentaire. Il répond aux questions de Sarah Tétaud.