La consommation de viande, l'un des produits qu'a trouvé l'homme pour se nourrir, pour absorber des calories indispensables à sa bonne santé, est aujourd'hui remis en cause par des mouvements qui sont parfois violents.

Les viandes de bœuf, de cochon, de poulet, de mouton sont des produits de base de l'alimentation humaine. Mais ici en France, et plus généralement en Europe, leur consommation, la manière dont les bêtes sont abattues, dont elles sont élevées, dont leur viande est échangée, tout cela est contesté pour des raisons liées au respect de l'animal et à l'impact de la consommation de viande sur le réchauffement climatique. Malgré ce foisonnement rebelle, des millions de tonnes de viande sont échangés, des millions de tonnes de soja destinés à l'élevage transitent sur les océans. Ce commerce est-il affecté, menacé, est-il voué à disparaître, se transforme-t-il ? Voilà les questions dont nous allons débattre aujourd'hui avec les deux invités que je vous présente aujourd'hui.

  • Jean-Paul Simier est analyste financier et économique, spécialiste du marché de l'agriculture au Crédit Agricole d'Ille-et-Vilaine, en Bretagne donc. À ce poste-là et à d'autres précédemment, voilà près de 25 ans qu’il suit de très près ce qui se passe sur les marchés mondiaux de la viande. Et il résume cela tous les ans dans Cyclope, la bible des marchés de matières premières.

  • Frédéric Courleux est directeur des études du think tank Agriculture Stratégies. Il est ingénieur agronome et ingénieur des Ponts. Ses travaux portent sur les modes de régulation.

►Reportages Viande

1 / Pour la première fois, la Chine s'apprête à importer de la viande de bœuf d'origine limousine label rouge. Une décision déclenchée par la dégustation très médiatisée de cette viande par les présidents français et chinois. C'était au mois de novembre 2019, à Shanghai, lors de la foire aux importations chinoises. Depuis, les Chinois ont signé une lettre d'intention qui porte sur l'importation de 1 000 tonnes de bœuf en 2020. Des Chinois présents au salon de l'agriculture et qu'a rencontrés Ariane Gaffuri dans ce reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs.

2 / La France n'est pas la seule à vendre de la viande à la Chine, on s'en doute. Exemple avec un petit pays d'Amérique latine, l'Uruguay. Dans ce pays où l’on compte trois fois plus de vaches que d’habitants, la viande bovine représente le tiers des exportations. Et 2019 a été une année record : la fièvre porcine a poussé la Chine à se tourner vers des produits de substitution, et ses importations de viande rouge se sont envolées. Une aubaine pour éleveurs bovins uruguayens qui doivent cependant faire face à la volonté chinoise de renégocier les prix de ses importations. En Uruguay, c'est un reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs signé Théo Conscience.

3 / Partout en Europe, les agriculteurs et en particulier les éleveurs bovins sont dans une grande précarité, et protestent contre leurs revenus trop bas. En Irlande, depuis 18 mois, certaines organisations bloquent des abattoirs et les centres-villes pour réclamer un meilleur prix au kilo. La situation de ces agriculteurs pourrait empirer dans les prochains mois avec le Brexit : l'Irlande exporte 40% de ses produits agroalimentaires vers son voisin, 55% de la viande de bœuf... C'est un reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs signé Emeline Vin à Dublin.

4 / En Europe, des mouvements hostiles à la consommation de viande se développent. Des militants anti-spécistes et vegan étaient, il y a quelques jours, à la porte du salon de l'agriculture pour faire entendre leur point de vue. Un reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs signé Mélanie Costa.