Le 28 juillet 2021 si tout va bien, le Pérou procédera à l'investiture de son nouveau président. Si tout va bien car après le deuxième tour des élections, le 6 juin, la contestation des résultats fait que le Tribunal Électoral National n'a pas encore officialisé la victoire de Pedro Castillo. Malgré les protestations du camp adverse le candidat de la gauche radicale péruvienne semble bien l'avoir emporté selon le décompte définitif.

→ Le site Élections au Pérou

Ce qui nous permettra de nous pencher sur son programme et, à travers ce programme, de décrire en détail l'état de l'économie péruvienne. Une économie péruvienne qui a connu trente ans de croissance ininterrompue avant que tout  ne s'effondre avec la pandémie de Covid-19. La crise économique a fait voler en éclats l'apparente réussite du pays, et mis en lumière les failles béantes de son système.

Que s'est-il passé pendant trente ans ? Quelles ont été les recettes appliquées par les différents gouvernements ? Grande puissance minière, le Pérou a-t-il réussi à ne pas dépendre de ses exportations de minerais ? La croissance a-t-elle permis de réduire la pauvreté, de combler les inégalités ? Et quel a été l'impact exact de la pandémie ? Le Pérou se relèvera-t-il rapidement de la crise actuelle ? Voilà quelques-unes des questions qui seront soulevées au cours de cette émission et auxquelles répondront les trois invités que voici.

  • Javier Herrera est économiste, directeur de recherche à l'IRD, l'Institut français de recherche pour le développement qu’il représente au Pérou. Javier Herrera a longtemps travaillé au Cameroun, au Bénin, au Sénégal

  • Marie-Esther Lacuisse est chercheuse associée à l'IHEAL-CREDA, le Centre de Recherche et de Documentation des Amériques 

  • Gaspard Estrada est le directeur exécutif de l’OPALC, l’Observatoire politique d’Amérique latine et des Caraïbes auprès de Sciences-Po.

 

Les reportages : 

► La pandémie a plongé plus de 3 millions de Péruviens supplémentaires dans la pauvreté. Résultat, un tiers de la population vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 100 dollars par mois. Et ce sont les Liméniens qui sont les plus touchés par cette dégradation : le taux de pauvreté dans la capitale péruvienne est passé de 14% avant la pandémie à 27,5%. Des milliers de familles peinent désormais à se nourrir et se sont ainsi retrouvées à fréquenter les soupes populaires dont le nombre a explosé ces derniers mois, notamment en périphérie de Lima. C’est un reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs signé Wyloën Munhoz-Boillot. 

► Si sa victoire est confirmée, Pedro Castillo, le candidat de la gauche radicale, sera le nouveau président du Pérou. Il prendra ses fonctions le 28 juillet 2021. Cet instituteur originaire des Andes est un mystère. Il apparaît toujours coiffé d’un chapeau de paille blanc à larges bords, typique de la région de Cajamarca dont il est originaire. Il s’est présenté sous la bannière de Peru Libre, un parti marxiste-léniniste à la feuille de route anti-libérale. Son programme prévoit notamment de nationaliser les entreprises exploitant les ressources stratégiques. Bien qu'il ait modéré ses propos ces dernières semaines, Pedro Castillo reste très vague sur la politique qu’il mettrait en œuvre en matière économique. Allons voir ce qu'il en est avec ce reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs signé Wyloën Munhoz Boillot. 

► L’exploitation minière est l’un des rares secteurs dont l’activité n’a pas été interrompue pendant la pandémie et les confinements successifs au Pérou. Et pourtant, quand on regarde les zones avec le plus fort taux de pauvreté, les 5 régions en tête du classement abritent toutes d’importants projets miniers (Huancavelica, Ayacucho, Pasco, Huánuco et Cajamarca) et disposent de budgets parmi les plus élevés du pays. Alors comment expliquer ce paradoxe ? C'est un reportage Éco d'ici Éco d'ailleurs signé Wyloën Munhoz Boillot, qui s'est rendue dans la région de Cajamarca dans les Andes, au nord de Lima.