À crise exceptionnelle, solution exceptionnelle, c’est le principe sur lequel repose l’initiative des Européens qui envisagent, pour la première fois de l’histoire de l’Union, de mutualiser la dette visant à compenser les effets de la crise sanitaire et économique liés au Covid-19. Mais, ce n’est pas encore gagné.

En cette fin de semaine, les dirigeants de l’UE se réunissent à Bruxelles pour mettre au point la riposte à la crise économique, tandis que les ministres des Finances du G20 se concertent à distance sur un plan pour aider les pays du monde les plus fragilisés.

Côté européen, le dispositif envisagé constituerait une véritable percée dans la construction européenne.

Pour mesurer les enjeux et le caractère inédit de la proposition de la commission, nous recevons :

Stéphane Saurel, spécialiste des Finances publiques et de la Politique européenne, enseigne à l’Université Saint-Louis de Bruxelles et à l’ENA, dans le cadre du cycle des Hautes études européennes. Il est l’auteur du livre « Le budget de l’Union européenne », publié par la documentation française.

Plus ou moins affectés par la crise sanitaire, les pays émergents et pays à faibles revenus s’apprêtent à subir les dommages collatéraux de la crise. Des solutions se mettent en place à l’échelon local, comme au Togo, par exemple, avec le programme Novissi soutenu par l’Agence française de développement. Mais, les États aux économies fragilisées qui souffrent d’une crise de liquidité, comptent aussi sur la solidarité à l’échelle internationale. Pour évoquer les solutions envisagées au niveau du G20, nous interrogeons :

Louis-Nicolas Jeandeaux, en charge du plaidoyer pour le développement à Oxfam France.

Avec les reportages de Cécile Debarge en Italie, Peter Dogbe au Togo et Sarah Cozzolino au Brésil.

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Reportages

Togo - Un revenu universel pour soutenir les plus démunis pendant le Covid-19

La pandémie du nouveau coronavirus a surpris le monde entier et plusieurs mesures sont prises pour limiter la propagation. Au Togo, le premier cas est apparu le 6 mars 2020. Un mois plus tard, l’Etat décrète un état d’urgence sanitaire de trois mois : couvre-feu, bouclage des villes. Pour soutenir les plus vulnérables, le programme « Novissi », un programme de revenu universel est mis en place ; en deux mois, il a permis de toucher plus de 500 personnes, il aura coûté plus de 11 milliards de francs cfa. Cependant, le principal critère pour avoir accès à ce programme est très critiqué. Peter Sassou Dogbé

En Italie, l’un des pays européens les plus touchés par la crise sanitaire du Covid-19, les conséquences économiques seront lourdes : selon les projections de l’OCDE, la dette publique devrait passer de 135 à 158% du PIB. 

Pour soutenir les entreprises et les particuliers, le président de la République italienne Sergio Mattarella a signé à la mi-mai 2020 le « decreto rilancio », un décret pour la relance à hauteur de 55 milliards d’euros. Un chiffre à la hauteur de l’enjeu : relancer l’économie italienne, mais aussi éviter que la criminalité organisée ne profite de la crise pour renforcer sa présence dans le pays. A Palerme, les explications de Cécile Debarge.

Le Brésil est devenu l’un des principaux foyers du coronavirus, avec près de 80 000 morts à ce jour. Malgré la volonté affichée du président Jair Bolsonaro de « sauver l’économie à tout prix » depuis le début de la crise sanitaire, la crise économique a touché les Brésiliens de plein fouet. Augmentation du chômage, de la pauvreté, de la dette publique… les voyants sont au rouge pour l’économie brésilienne et les prévisions mauvaises. Un reportage de Sarah Cozzolino.