Comment entendre le silence ? Est-ce de l’inaudible, une musique imaginaire, une injonction…?. Du silence apparent des beaux quartiers d’une ville moyenne à celui imposé dans les rues par le pouvoir et jusqu’au silence intérieur, cette série d’Écouter le monde propose et réunit trois évocations de ce beau bruit. 

Les rues de la capitale du Kerala, sont presque toujours bruyantes. Quand les travailleurs agricoles viennent manifester pour leurs droits : l'accès au financement et aux semences, ils portent la voix. Dans ces rues faites de bruits assourdissants, comment faire entendre ses revendications ? Pour cela, le niveau de décibel doit être plus puissant, si puissant, qu'il couvre tout : les voix, les klaxons, le trafic. Mais dans ces mêmes rues quand des élus passent, le silence qui s'impose est extraordinaire, stupéfiant, tout le monde l'entend. Au passage d'un convoi officiel, la circulation est coupée, les piétons arrêtés. Tout se tait, sauf les 35 moteurs des voitures d'État qui passent l'une après l'autre, c'est presque un chuchotement. Après, les rues de la capitale du Kerala redeviennent bruyantes.

Cet épisode est une rediffusion du 22/09/2018, il a été réalisé avec les anthropologues de Milson, un programme du Centre de recherche en ethnomusicologie (CNRS - UPN) qui étudie et raconte la diversité des sociétés du monde à travers ses milieux sonores.

Les captations sonores à Thiruvananthapuram ont été réalisées par Christine Guillebaud en 2018. Chercheure au CNRS, elle dirige le programme Milson - 2017 Toward an anthropology of Ambient Sound. New York/London: Routledge. Anthroplogy series