Dans quelques jours, la Cour suprême devrait rendre une décision qui fera basculer le droit à l’avortement aux États-Unis. Si l’on en croit la fuite d’un document interne, la plus haute juridiction américaine envisage de rendre aux différents États le droit de choisir leur propre législation en la matière : une revendication de longue date des régions les plus conservatrices du Sud et du centre du pays. Dans la foulée, 26 États, soit plus de la moitié des États-Unis, devraient interdire ou restreindre très fortement l’accès à l’avortement.

Épicentre de ce séisme pour les droits des Américaines : une clinique du Mississippi. C’est la toute dernière à pratiquer des interruptions volontaires de grossesse dans ce petit État très religieux du sud-est du pays. Elle est aussi à l’origine de la plainte qui se retrouve actuellement sur le bureau de la Cour suprême. Marie Normand s’est rendue sur place…

Il est à peine 7h du matin et, sous une pluie battante, Coleman Boyd s’époumone déjà devant la Jackson Women’s Health Organization. Mieux connue sous le nom de « Pink House » (Maison rose, en français), en raison de ses murs roses bonbon, elle est la toute dernière clinique à pratiquer des avortements au Mississippi. Les femmes peuvent y interrompre leur grossesse jusqu’à 16 semaines. Coleman Boyd rêve de la voir fermer.

Ce médecin urgentiste est là quasiment tous les jours avec quelques-uns de ses 12 enfants, qui jouent sous un parapluie, à côté de lui, sur le trottoir. Derenda Hancock le connaît bien. Avec son gilet arc-en-ciel, elle se tient chaque jour en face de ces militants anti-avortement. Elle coordonne l’équipe de défense de cette clinique protégée comme une forteresse. « Notre première fonction est de conduire les patientes de leur voiture jusqu’à la porte de la clinique, pour les protéger le plus possible des gens sur le trottoir qui leur crient dessus », explique-t-elle. Elle a installé des enceintes sur le parking et diffuse de la musique pour tenter, en vain, de noyer leurs cris.

Coleman Boyd a sorti son mégaphone pour tenter d’attirer l’attention des patientes, qui commencent justement à arriver. Les véhicules sont immatriculés au Texas, en Alabama, en Louisiane, où les lois sont pour l’heure plus restrictives qu’au Mississippi et les cliniques déjà surchargées. L’objectif des militants est aussi de se faire entendre du personnel de la clinique. Plus aucun médecin du Mississippi ne travaille ici, c’est trop dangereux. Tous viennent d’autres États, pour quelques jours, et leur identité est soigneusement tenue secrète pour des questions de sécurité.

Shannon Brewer, la directrice de la clinique, vient de garer sa voiture. Les manifestants ont appris que l’un de ses fils, tout juste diplômé, a été tué dans des conditions tragiques il y a quelques jours. « Et ton fils ? Est-ce que tu vas le rejoindre ? Est-ce que tu vas finalement te réconcilier avec Dieu ? Parce que tu vas mourir bientôt ! Tu dois te repentir ! », lance l’un d’entre eux. La directrice s’arrête quelques instants, pour le regarder dans les yeux et lui demander s’il croit lui-même être un bon chrétien. Médusée, Derenda Hancock assiste à la scène. Se faire insulter et traiter de sorcière, c’est son quotidien depuis un peu plus de 9 ans. Mais cette fois, elle l’avoue, elle « a eu beaucoup de mal à ne pas en venir aux mains ».

Elle nous emmène dans une maison, un peu plus loin dans la rue, où elle et ses collègues peuvent se reposer. « La meilleure protection est de savoir qui est l’ennemi », explique-t-elle. Lorsqu’elle n’est pas devant la clinique, elle passe le plus clair de son temps à faire des recherches sur ces protestataires, qui constituent la frange radicale de la mouvance anti-avortement. Continuer à leur parler, à répondre à leurs accusations, est pour elle une question de principe. « En restant silencieux, on leur a déroulé le tapis rouge. Si on les avait confrontés la tête haute depuis les années 80 et 90, peut-être qu’on n’en serait pas là », soupire-t-elle.

Pour l’heure, l’avortement est toujours légal au Mississippi. Mais dans quelques jours, une décision de la Cour suprême pourrait changer la donne. Elle concerne justement la Maison rose, qui a attaqué en justice une loi votée en 2018 par l’État du Mississippi ; cette dernière visait à interdire l’avortement après 15 semaines de grossesse, contre 20 aujourd’hui. Lors de l’audience qui s’est tenue au mois de décembre, l’avocat général du Mississippi a demandé à la Cour de rendre aux États le droit de décider. Il plaide pour l’annulation des deux arrêts sur lesquels repose le droit à l’avortement aux États-Unis : Roe v. Wade, datant de 1973, et Planned Parenthood v. Casey, de 1992. Si la Cour lui donne raison, les États auront carte blanche. Le Mississippi prévoit d’appliquer une loi de 2009 qui fait de l’avortement un crime puni de 10 ans de prison. « Un Mississippi sans l’arrêt Roe v. Wade, serait synonyme de grossesses forcées ou d’une hausse de la mortalité chez les femmes », réagit Derenda Hancock. « Parce que si tu veux vraiment avorter, tu vas boire du détergent, tu vas te jeter du haut des escaliers. Tu vas faire ce qu'il faut. »

Les défenseurs de la Maison rose collectionnent les documents que les militants anti-avortement tentent de glisser aux patientes devant la clinique. « C’est notre mur de la honte », commente Derenda. La plupart montrent des nourrissons. D’autres comparent l’avortement à l’esclavage, à l’Holocauste, ou évoquent les risques supposés des avortements pour la santé des femmes.

David Lane, lui, distribue des petites pochettes, dans lesquelles on trouve, entre autres, des versets du Nouveau testament ou d’autres recommandations pour « faire le bon choix ». Autour de lui, il a disposé de grandes images de fœtus avortés. Il raconte qu’il est présent devant la clinique, par tous les temps, depuis 38 ans. « Ils tuent des bébés ici. Cela nous brise le cœur. Alors nous venons ici pour essayer de convaincre le plus de filles possibles de rebrousser chemin », se justifie le pasteur, dont la femme et la petite fille sont également engagées dans la lutte contre l’avortement. Il plaide pour une interdiction quasi-totale de l’interruption volontaire de grossesse, même en cas de viol ou d’inceste. « On ne doit pas tuer les victimes de ces actes. La seule exception serait la mise en danger de la vie de la mère certifiée par un docteur. Je dirais même deux docteurs différents », lance-t-il.

« On se demande pourquoi 19 enfants ont été tués par balles au Texas »,ajoute David Lane. « La raison est que ces gens-là, dans cette clinique par exemple, soutiennent l’avortement ! Ce sont aussi des meurtres ! L’endroit le plus sûr pour un enfant est censé être le ventre de sa mère. C’est devenu l’endroit le plus dangereux ! » Dana, 68 ans, l’a rejoint devant la clinique. Elle dit prier pour que la décision de la Cour suprême soit à la hauteur et que « cet endroit devienne bientôt un hôpital pour enfant, ou une crèche, quelque chose qui rendrait gloire à Dieu et aiderait les femmes ».

Depuis les années 80, à défaut de pouvoir interdire l’avortement, les États conservateurs comme le Mississippi encadrent de façon drastique le travail des cliniques, de la largeur des couloirs à la distance réglementaire entre l’établissement et une école. Avant de pouvoir avorter, les patientes ont l’obligation de réaliser une échographie et de se présenter à deux consultations, à 24h d’intervalle. Deux passages, donc, devant les militants anti-avortement. « Cela a été pour moi une expérience traumatisante »,se souvient Amy Nobles, qui a poussé les portes de la Maison rose en 2013 et est l’une des rares à accepter de témoigner. « Je peux toujours entendre leurs voix dans ma tête, qui me traitent de tueuse de bébés, de meurtrière. J’étais jeune, naïve, je n’étais pas beaucoup allée à l’école, et une partie de moi les a crus. Je me suis sentie incroyablement coupable. »
Prochaine clinique à 800 km
Aujourd’hui, Amy Nobles s’est reconstruite : un logement, un emploi stable, un diplôme. « Celles pour qui je m’inquiète, ce sont celles qui n’ont pas accès aux soins de santé, qui gagnent le salaire minimum – 7,25$ de l’heure – et qui n’ont peut-être même pas les moyens d’acheter une pilule du lendemain si leur contraceptif habituel ne fonctionne pas », précise la trentenaire. Selon l’institut Guttmacher, les femmes du Mississippi parcourent en moyenne 100km aujourd’hui pour trouver une clinique qui pratique des avortements. Si la Cour suprême renverse l'arrêt Roe v. Wade, la clinique la plus proche se trouverait à plus de 800 km.

SG Hashcraft a encore du mal à y croire. Attablée à la terrasse d’un café à deux rues de la Maison rose, elle explique qu’à Jackson, îlot progressiste au Mississippi, de nombreux commerçants soutiennent la clinique au risque d’être victime de campagnes de boycott. « J’ai une copine qui est diabétique de type 1. Si elle tombe enceinte sans que cela soit programmé et bien suivi par son docteur, cette grossesse peut lui coûter la vie. Qu’est-ce qu’elle est censée faire ? », s’inquiète-t-elle.« Et moi, si je me fais violer et que je tombe enceinte, pourquoi serais-je forcée de porter cet enfant ? La seule explication que je vois, c’est que nous sommes ici dans la ceinture de la Bible ».

Dans cet État rural, la religion est omniprésente : plus de 8 personnes sur 10 déclarent qu’elle tient une place très importante dans leur vie, selon les données du Pew Research Center. La religion majoritaire est le protestantisme évangélique. Parler d’avortement est tabou, le défendre l’est encore plus. « En tant que futur père qui a choisi l’avortement dans le passé – j’avais 25 ans – c’est la seule chose qui me fait craindre le jugement de Dieu. Le jour de ma mort, j’aurai beaucoup de mal à m’expliquer devant lui », ose confier Bobby, 44 ans. Sa compagne repousse notre micro avant de jeter rapidement un regard autour d’elle et de glisser que « tout le monde a le droit de prendre ses propres décisions médicales, a le droit à cette intimité ».
« Rien n’est fait pour prévenir les grossesses non désirées »
Pour mieux comprendre, nous nous rendons à Starkville, à deux heures de Jackson. Le long de la route, des panneaux publicitaires affichent des messages anti-avortement. D’autres invitent les conducteurs à se repentir. « La religion imprègne la vie quotidienne au Mississippi. Il est habituel que les hommes politiques fassent explicitement référence au christianisme conservateur pour justifier leurs objectifs et leurs politiques. Et cela fonctionne très bien sur le plan électoral, particulièrement auprès des hommes blancs », commente Kimberly Kelly, sociologue et spécialiste du genre, à l’Université d’État du Mississippi.

Si l’accès à l’avortement s’est considérablement effrité, rien n’est fait, selon elle, pour prévenir ces grossesses non désirées. « Nous avons une population qui n’a pas suffisamment accès aux services de santé – notamment à la contraception – ni à une éducation sexuelle convenable. Elle est aussi confrontée à un taux de pauvreté important. Ces trois facteurs favorisent les grossesses non planifiées »,détaille la sociologue. « Si l’on résume : au Mississippi, il est difficile de ne pas tomber enceinte. Si vous tombez enceinte, vous ne pouvez pas avorter. Une fois le bébé né, vous n’aurez pas d’aide pour le nourrir, pour l’envoyer à l’école ou pour lui assurer un logement propre et sûr. Vous êtes condamnée si vous avortez, et condamnée si vous n’avortez pas. »

Le Mississippi enregistre le plus fort taux de mortalité infantile du pays. Le taux de mortalité maternelle est aussi plus haut que la moyenne des États-Unis et trois fois plus élevé chez les femmes afro-américaines que chez les femmes blanches. Kimberly Kelly s’inquiète aussi de la multiplication des Crisis Pregnancy Centers (« centres de crise en cas de grossesse », en français). Tenus par des organisations chrétiennes évangéliques, ces centres en pleine expansion sont destinés à dissuader les femmes enceintes d’avorter. « Leurs noms sonnent comme ceux de cliniques traditionnelles », note la professeure. « Ils utilisent souvent le mot "santé" ou "choix". Cela vise à attirer l’attention des femmes à la recherche d’une clinique pour avorter. Et ça marche plutôt bien ! Beaucoup vont dans ces centres sans se rendre compte que ces gens ont un grand intérêt à ce que vous preniez une décision très spécifique. »

L’un des 37 centres installés au Mississippi a exceptionnellement accepté d’ouvrir ses portes à RFI. Susan Kremer Jones, la directrice du Centre de Ressources pour les femmes de Gulfport, mène la visite. Elle regrette que ces centres aient mauvaise réputation. Pour elle, ils représentent une « formidable alternative ». « Tout ce que nous faisons ici est gratuit. Des tests de grossesse gratuits, des échographies gratuites »,explique-t-elle en nous montrant l’espace médical du centre. « Bien souvent on dit aux femmes que ce n’est pas vraiment un bébé. Cette appareil à ultrasons est essentiel pour qu’elles voient le bébé et qu’elles entendent battre son cœur. Cela leur donne l’opportunité de vraiment réfléchir à ce qu’elles sont en train de faire. Parce que parfois, quand vous vivez une situation de crise, vous voulez juste vous débarrasser du problème. »

La directrice du centre ne le nie pas : l’objectif est bien que ces femmes mènent leur grossesse à terme. « Nous leur expliquons ce que nous pouvons faire pour elles et les ressources dont elles peuvent bénéficier dans le but de garder leur enfant. Si elles choisissent de le livrer à l’adoption, nous travaillons ici avec des agences formidables. » Au bout du couloir se trouve une salle remplie de vêtements et d’équipements pour enfants. Les femmes peuvent se servir dans cette boutique, ainsi qu’en couches pour bébé, en échange de leur participation à des « cours de parentalité » dispensés par l’établissement. À chaque séance, elles sont récompensées en « dollars » ou en « points » qu’elles peuvent échanger contre des produits. Pour celles qui choisiraient malgré tout d’avorter, Susan Kremer Jones soutient que les portes du centre restent ouvertes, notamment pour un soutien psychologique.

« On dit aux femmes qu’elles ne peuvent pas y arriver, qu’elles ne peuvent pas être mères, qu’elles doivent se faire avorter pour réussir dans la vie. Elles peuvent aussi prendre la décision de nous laisser les aider, en tant que société », renchérit Laura Knight, présidente de la puissante organisation Pro-Life Mississippi, dont le siège est situé à Jackson. Elle se souvient de son enthousiasme à la lecture du document interne à la Cour suprême qui a fuité dans la presse, mais préfère ne pas crier victoire trop vite face à ce qu’elle qualifie d’ « industrie de l’avortement ». « Ma génération a toujours connu l’avortement comme quelque chose de légal et d’accessible. C'est un grand traumatisme psychologique. »

Cette infirmière, aujourd’hui femme au foyer, espère que le Mississippi pourra bientôt légiférer comme il l’entend et ne sera plus soumis à la politique de la côte Est et de la côte Ouest. « Nous ne voulons pas être traitées comme la Californie. Des politiques qui fonctionnent ici ne fonctionneraient pas là-bas et vice-versa. Le Mississippi compte environ trois millions d’habitants, ce qui correspond à une grosse ville de Californie. On ne peut pas faire des lois là-bas pour gouverner un État rural comme le nôtre. » Selon l’institut Guttmacher, 26 États – soit la moitié des États-Unis – interdiront ou limiteront fortement l’accès à l’avortement si la Cour suprême les y autorise. Une scission du pays qui, pour Laura Knight, est peut-être un mal nécessaire. Elle dit espérer que les États qui choisiront, comme le Mississippi, de criminaliser l’avortement, pourront peu à peu éclairer les autres.

Au Mississippi, les mouvements anti-avortement sont très bien organisés et financés, leur maillage est particulièrement fin. Omarr Peters, coordonne le réseau étudiant Students for Life pour la région Sud-Est qui compte « 50 groupes relais dans les universités, les lycées, et certains collèges ». Il plaide pour une réforme de l’encadrement des familles d’accueil et des agences d’adoption. « Nous travaillons à un projet de loi »,assure-t-il.« Adopter un enfant coûte trop cher, un million de familles sont sur liste d’attente. Mais nous voulons nous assurer que les enfants se retrouveront dans un cadre familial heureux et sain. »

Les militants de Pro-Life Mississippi tiennent aussi à assurer une présence dans les festivals et les rassemblements communautaires, pour toucher un nouveau public. La semaine de notre passage, ils étaient par exemple présents au St Clare Seafood Festival de Waveland, au bord du Golfe du Mexique. « Ici on rencontre des anti-avortement, des pro-avortement, des personnes qui hésitent et d’autres qui ne connaissent rien au sujet ! », s’enthousiasme Mary Pelletier, l’une des responsables locales de Pro-Life Mississippi. « On leur montre qu’on ne fait pas que manifester devant les cliniques, mais qu’on vient aussi à leur rencontre. »
Après l’avortement, quel nouveau combat pour le militantisme chrétien conservateur ?
Sur son stand, elle a rassemblé de nombreux documents qui rappellent les valeurs « pro-vie » de l’organisation. Au centre de la table trônent de petits poupons à manipuler, censés représenter l’évolution d’un fœtus entre 12 et 26 semaines de grossesse. Lyn, qui habite à une cinquantaine de kilomètres de Waveland, est passé devant le stand il y a quelques minutes. Elle en est convaincue : interrompre sa grossesse ne devrait être possible « qu’en cas de viol ou d’inceste ». « Si tu ne veux pas d’enfant, tu prends des précautions ! », lance-t-elle. « Si c’est juste que tu t’es fait mettre en cloque par ton copain, eh bien, t’as joué, t’as perdu ! »

Une fois l’avortement très strictement encadré voire totalement interdit, certaines organisations féministes craignent que la contraception ne devienne le prochain combat du militantisme chrétien conservateur. Laura Knight, la présidente de Pro-Life Mississippi, soutient que cela n’est pas d’actualité ; mais elle confirme continuer à « éduquer » sans relâche ses concitoyens sur la question. « Si vous pensez que la vie est précieuse à partir de la fécondation, vous risquez de trahir vos propres convictions en prenant un contraceptif hormonal », assure-t-elle.

Contrairement à la Géorgie, un autre État du Sud-Est des États-Unis où les Démocrates gagnent du terrain, le Mississippi est lui entièrement acquis aux Républicains. Même les candidats progressistes ne défendent pas ouvertement le droit à l’avortement, ce serait un suicide électoral. Devant la Maison rose, Derenda Hancock sourit. Si la clinique qu’elle aide à protéger depuis près de 10 ans ferme ses portes dans quelques semaines, elle continuera à défendre l’existence d’autres établissements. Elle est persuadée que les militants présents à Jackson se tourneront ensuite vers des cliniques dans d’autres États. En tout cas, son histoire avec le Mississippi arrive à son terme : « Je ne vais pas mourir ici. Il est grand temps de partir. On aura essayé ».