Toute cette semaine, à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, nous revenons chaque jour sur un aspect particulier de cet assassinat et ses conséquences. Après la dégradation des conditions de vie pour la population, place aujourd’hui au volet judiciaire avec l’enquête, au point mort, en Haïti.

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le président Jovenel Moïse était assassiné dans la chambre de sa résidence privée par un commando armé. Depuis, 73 personnes ont été ciblées par l’enquête judiciaire, 43 inculpées mais le Centre d'analyse et de recherche en droits de l'homme s’interroge : « Y a-t-il une réelle enquête judiciaire en cours ?». Son directeur exécutif Gédéon Jean est notre invité. « La justice haïtienne qui devait donner le ton est restée passive », explique-t-il. Une enquête réelle se base sur un collège de « juges spécialisés, expérimentés, qui enquête sur le dossier, avec un délai d’instruction raisonnable, une entraide judiciaire avec les principaux pays concernés, les États-Unis, la République Dominicaine. Ce sont des éléments fondamentaux qui permettraient de parler d’une véritable enquête », selon Gédéon Jean qui plaide pour une réforme du droit et la mise en place d’un tribunal spécial, à l’image du Tribunal spécial pour le Liban mis sur pied après l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri. « Une obligation au nom de la morale et de la solidarité internationale », selon le Cardh.  

 

D’après les informations du Nouvelliste, Walter Voltaire, le cinquième juge d’instruction nommé, actuellement en charge du dossier, a entamé une série d’auditions. Sans davantage de précisions du fait du secret de son travail. Par ailleurs, 33 policiers nationaux sont renvoyés par l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (IgPnh) et trois autres mis en disponibilité, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse. Cette décision de renvoi et de mise en disponibilité, à l’encontre de ces policiers nationaux, a été prise, à la suite de la  conclusion de l’enquête, menée par la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), dans le cadre du dossier relatif à l’assassinat du président Moïse, comme nous l’explique le rédacteur en chef d’AlterPresse, Gotson Pierre.

 
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