Demain, mardi 26 octobre 2021, sur fond de hausse des prix des carburants, plusieurs organisations syndicales et indigènes appellent à manifester contre les mesures économiques du président. Guillermo Lasso qui a appelé ses partisans à défendre la capitale Quito face aux «putschistes».

Le prix du carburant est un sujet de discorde entre les gouvernements équatoriens et les groupes autochtones. De violentes manifestations en 2019 contre la suppression de subventions de l'État aux hydrocarbures avaient fait 11 morts. Deux ans plus tard, «ce sont les mêmes attentes, et les exaspérations ont été renforcées», analyse notre invitée, Emmanuelle Sinardet, responsable du Centre d’Études équatoriennes à l’Université Paris Nanterre qui souligne le «malaise extrêmement profond, lié à une terrible crise économique». En 2020, le PIB de l’Équateur s’est contracté de 7,8%, la dette publique atteint les 63% et un tiers de la population est en situation de pauvreté. Un enfant de moins de 5 ans sur 4 souffre de malnutrition, selon l’UNICEF. La situation est telle que «tout ce qui est perçu comme une atteinte au pouvoir d’achat est vécu comme une catastrophe par de nombreuses familles», note Emmanuelle Sinardet. La semaine dernière, le gouvernement a mis fin à l'augmentation mensuelle des prix des carburants, mais a dans le même temps annoncer une hausse des prix de 12%. «Le gouvernement Lasso est pris en tenaille par les demandes sociales pressantes et les pressions du FMI qui exige des réformes, et notamment la fin des aides aux carburants», explique la spécialiste. Ces manifestations du 26 octobre 2021 se dérouleront une semaine tout juste après la proclamation de l’état d’exception en Équateur. «Guillermo Lasso s’appuie sur une rhétorique sécuritaire, il espère regagner en popularité en se présentant comme un homme fort. Il pourrait utiliser cette mobilisation des forces armées pour criminaliser et réprimer les mobilisations sociales à venir», note Emmanuelle Sinardet.

 
Haïti : les hôpitaux menacés de fermeture
Haïti vit au rythme des pénuries de carburant, conséquence de l’insécurité et la mainmise des bandes armées sur les terminaux pétroliers. Si aucune livraison de diesel n’est garantie au plus vite, les services de pédiatrie pour plus de 300 enfants, de maternité pour plus de 45 femmes, de soins urgents et d’hospitalisation pour plus de 70 adultes seront interrompus, faute de carburant, dès demain 26 octobre 2021, note aujourd’hui la presse haïtienne. L’Association des hôpitaux privés d’Haïti affirme, elle, que les hôpitaux non-étatiques se verront obligés de fermer dès ce lundi (25 octobre 2021), «si un couloir humanitaire d’urgence n’est pas établi». Les bandes armées contrôlent les accès aux seuls trois terminaux pétroliers du pays, qui sont tous situés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. La semaine dernière, dans la capitale Port-au-Prince, des groupes de chauffeurs de taxis-motos ont manifesté, en multipliant les barricades.

 
La chute d’Otoniel
Le gouvernement colombien prépare l'extradition vers les États-Unis d'«Otoniel», chef du plus puissant gang de narcotrafiquants du pays, capturé le samedi 23 octobre 2021, lors d'une opération dans le nord-ouest du pays. Dairo Antonio Usuga, alias «Otoniel», 50 ans, a été arrêté lors d'une opération militaire et policière dans les jungles du nord-ouest de la Colombie, une action à laquelle ont participé quelque 700 hommes soutenus par 18 hélicoptères. «Contre 'Otoniel', il y a un mandat d'extradition (vers les États-Unis) (...) qui est toujours en cours», a déclaré le ministre de la Défense Diego Molano, dans un entretien au journal El Tiempo. «C'est la voie pour tous ceux qui commettent des crimes transnationaux», a ajouté le ministre, précisant que «près de 30% du total», de la cocaïne ayant quitté le pays «appartenaient au Clan del Golfo», l'organisation dirigée par «Otoniel».